Kinshasa, 21 juillet 2026 (ACP). – Une nouvelle plateforme numérique dénommée « Kulela » (« accoucher » en langue Tshiluba), a été lancée au début de la semaine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) pour accompagner les femmes enceintes durant ce processus physiologique.
Pour en savoir plus sur le but poursuivi par cette structure et les moyens à mettre en œuvre en vue d’atteindre les objectifs poursuivis, l’ACP a approché mardi, Mme Stella Wankamba, présidente de cette structure, pour répondre aux questions ci-dessous :
ACP 1 : Vous venez de lancer officiellement « Kulela », une plateforme destinée à accompagner les femmes enceintes. Quel est le principal défi que vous comptez désormais relever sur le terrain afin d’atteindre les objectifs de ce grand projet ?
Stella Wankamba : Le lancement de « Kulela » n’est que le point de départ. Notre plus grand défi est désormais de faire de Kulela un véritable écosystème d’accompagnement pour toute la famille. Nous voulons que chaque femme enceinte soit entourée, non seulement par des professionnels de santé, mais aussi par son conjoint, sa famille et sa communauté.
Notre ambition est de créer une nouvelle culture de la maternité, où le père devient un véritable acteur de la grossesse, où les grands-parents, les proches et les aidants ont accès à des informations fiables pour mieux accompagner la mère, et où les professionnels de santé restent connectés avec les familles, même en dehors des consultations.
Concrètement, nous allons développer davantage de contenus éducatifs, renforcer notre réseau de professionnels de santé, créer des partenariats avec les hôpitaux et les entreprises, organiser des actions de sensibilisation sur le terrain et bâtir une communauté active autour de la santé maternelle et familiale.
Notre objectif est que « Kulela » ne soit pas seulement une application que l’on télécharge, mais un compagnon de confiance qui accompagne les familles avant la conception, pendant la grossesse et bien après la naissance de l’enfant. Parce que nous sommes convaincus qu’une grossesse ne concerne pas uniquement une femme, elle concerne toute une famille, et c’est ensemble que nous pouvons offrir aux enfants le meilleur départ dans la vie.
ACP 2 : Pour une vision aussi grande que celle de « Kulela », des partenariats solides sont indispensables. Comment comptez-vous gagner la confiance des partenaires et l’accompagnement du gouvernement dans votre ambitieux projet ?
Stella Wankamba : La réduction de la mortalité maternelle et infantile est un défi qui nous concerne tous. Aucun acteur ne peut y répondre seul. J’adresse donc un appel au gouvernement, aux hôpitaux, aux entreprises, aux organisations internationales ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers : rejoignez cette vision. Nous avons besoin de votre expertise, de vos ressources, de vos infrastructures et de votre engagement pour permettre à chaque famille congolaise d’accéder à un accompagnement de qualité.
« Kulela » ne vient pas remplacer le système de santé. Nous voulons le compléter et le renforcer en mettant la technologie au service des professionnels de santé et des familles. Ensemble, nous pouvons construire un écosystème où les hôpitaux, les experts, les entreprises et les pouvoirs publics travaillent main dans la main pour sauver des vies.
ACP 3 : Quels sont vos projections à court, moyen et long termes pour faire évoluer la situation des femmes enceintes en République démocratique du Congo ?
Stella Wankamba : Mon rêve est qu’un jour, en République démocratique du Congo, plus aucune femme ne vive sa grossesse dans la peur, l’isolement ou l’incertitude. Je rêve d’un pays où chaque femme enceinte, quel que soit l’endroit où elle vit, bénéficie d’un accompagnement de qualité, où chaque père est pleinement impliqué, où chaque famille devient un véritable soutien et où chaque enfant a les meilleures chances de bien commencer sa vie.
C’est précisément le monde que nous voulons construire avec « Kulela ». Nous voulons rapprocher les familles des professionnels de santé, rendre l’information fiable accessible à tous et créer un écosystème dans lequel la technologie, les hôpitaux, les experts, les entreprises et les pouvoirs publics travaillent ensemble au service des familles.
Si, dans cinq ans, nous pouvons contribuer à ce que davantage de femmes vivent une grossesse plus sereine, que les familles soient mieux préparées à accueillir leurs enfants et que la mortalité maternelle et néonatale recule significativement, alors nous aurons posé les bases d’un véritable changement. ACP/ AGH

