Kisangani, 28 septembre 2026 (ACP).- Deux présumés trafiquants de produitsfauniques ont été arrêtés le 23 septembre à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une opération ayant permis la saisie d’une peau d’okapi avec ses sabots et d’une peau de léopard, a annoncé lundi à l’ACP le directeur provincial de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
«Cette opération démontre notre détermination à démanteler les réseaux de traficd’espèces protégées. L’okapi est une richesse unique de la RDC et le léopard est indispensable à l’équilibre de nos écosystèmes. Les enquêtes se poursuivent pouridentifier tous les complices et commanditaires, et les suspects répondront de leursactes devant la justice», a déclaré Gentil Kisangani Milingani, directeur provincial del’ICCN.
Selon lui, l’opération a été menée par le Parquet de Grande Instance de Kisangani, avec l’appui de la Police nationale congolaise (PNC) et de l’ICCN, sur la base de renseignements fournis par l’ONG Conserv Congo.D’après les premiers éléments de l’enquête, ce réseau serait dirigé par un policier,également commandant et pasteur d’une église de réveil, en collaboration avec plusieurs braconniers opérant dans la province du Bas-Uele.
«Les investigations se poursuivent afin d’établir les responsabilités de chacun et d’identifier d’éventuels complices», a-t-il dit.
Le directeur provincial de l’ICCN a indiqué que Kisangani demeure une zone detransit importante dans le trafic des produits fauniques.
Il a noté que Plusieurs trafiquants y transiteraient avant d’acheminer leurs produits vers différents marchés nationaux et internationaux, notamment par voie fluvialevers Kinshasa, par route et par avion vers Beni et Bunia, ainsi que vers des destinations régionales telles que Kampala et Nairobi.
«L’okapi et le léopard figurent parmi les espèces emblématiques de la RDC.Endémique du pays, l’okapi constitue une richesse faunique unique, tandis que le léopard joue un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes.», a-t-il indiqué.
M. Milingani a, par ailleurs, dénoncé les pratiques de corruption, de complicité etd’utilisation abusive de fonctions officielles susceptibles de faciliter le trafic desespèces protégées.
Selon lui, lorsque de telles pratiques sont établies, elles compromettent les efforts de conservation, affaiblissent l’application de la loi et contribuent à la dégradation progressive du patrimoine naturel de la RDC.
«La protection de l’okapi, du léopard et des autres espèces protégées constitue ainsi un enjeu de conservation, mais également de gouvernance, d’intégritéinstitutionnelle et de préservation du patrimoine national.», a-t-il indiqué.
Ces deux présumés trafiquants ont été déférés au Tribunal de paix de la commune Kabondo, tandis que les enquêtes se poursuivent en vue d’identifier l’ensemble descomplices et éventuels commanditaires.ACP/Kis/Luh/Bid

