Conflits fonciers à Kinshasa : l’obligation de respecter la coutume rappelée aux chefs traditionnels

Kinshasa, 20 janvier 2026 (ACP).- L’obligation de respecter la coutume et les valeurs ancestrales face aux conflits fonciers a été rappelée, mardi, aux chefs traditionnels, lors d’une réunion présidée par le bourgmestre de la commune de N’sele, dans l’Est de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

«J’ai convoqué cette réunion pour rappeler aux chefs coutumiers l’obligation de respecter la coutume et les valeurs ancestrales, face aux conflits fonciers dus à la désorganisation du pouvoir traditionnel et à l’usage abusif des réseaux sociaux par certains responsables coutumiers», a déclaré Franck Mbo, bourgmestre de la commune de N’sele.

L’autorité communale a rappelé que « la terre constitue une richesse sacrée qui ne peut être vendue de manière anarchique ni cédée à de grands acquéreurs au détriment des communautés locales ».

Il a exhorté les chefs coutumiers à éviter des conflits parcellaires, certains étant accusés de vendre une même parcelle à plusieurs personnes.

Le bourgmestre a rappelé que la loi lui confère le pouvoir de suspendre et d’installer les chefs de groupement, précisant qu’un groupement ne peut avoir qu’un seul chef, tout comme un village.

Il a, par ailleurs,  exigé que chaque chef de groupement transmette la liste officielle de ses chefs coutumiers, sous peine de sanctions.

Proposition d’une loi fixant l’âge requis pour accéder à la chefferie coutumière

Les chefs traditionnels lors de la réunion 


Il a également annoncé la future proposition d’une loi fixant l’âge requis pour accéder à la chefferie coutumière, afin de mettre fin aux désignations irrégulières.

« Généralement, ce sont les jeunes qui ne respectent pas le pouvoir coutumier.
La distinction entre chefs de groupement et chefs coutumiers devra être clairement identifiable, notamment à travers l’habillement traditionnel.
Nous sommes  appelés à respecter le pouvoir ancestral et de préserver la cohésion sociale au sein des plus de 80 villages que compte l’entité.
 », a fait savoir M. Mbo.

Les chefs coutumiers ont, par ailleurs, été appelés à limiter leur exposition sur les réseaux sociaux, à éviter les débats inutiles et les propos injurieux, et à adopter un comportement exemplaire.

Il a été aussi  rappelé qu’un chef coutumier ne peut être escorté par plus de deux policiers.

Le bourgmestre Mbo  a également insisté sur l’apprentissage et la maîtrise de la langue maternelle, considérée comme un pilier fondamental de l’identité culturelle.

Face à l’insécurité liée au phénomène « Mobondo » et à la présence des « kuluna », les chefs coutumiers ont été invités à jouer pleinement leur rôle d’agents de renseignement en transmettant des informations fiables à l’État.


ACP/C.L.

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