Kinshasa : la formation professionnelle, un atout d’autonomisation pour l’employabilité des jeunes (Un expert)

Kinshasa, 23 avril 2026 (ACP).- La formation professionnelle a été qualifiée d’atout d’autonomisation pour l’employabilité des jeunes, lors d’un atelier sur  » les compétences, la formation et l’employabilité pour structurer les passerelles entre la France et la République démocratique du Congo « , organisé mercredi, à l’occasion de la 9ème Semaine française de Kinshasa.

«  Les compétences, la formation et l’employabilité sont liées, l’une ne va pas sans les autres. Une bonne formation professionnelle est un atout d’autonomisation pour l’employabilité des jeunes et c’est là qu’intervient le rôle de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) qui a pour mission principale de promouvoir la qualification professionnelle de la population active », a déclaré Dem’s Mutombo, chef de service à la Direction d’études et planification de l’INPP.

À en croire M. Mutombo, la formation professionnelle est cruciale pour l’insertion des jeunes en quête d’emploi, car elle comble le fossé entre les enseignements des universités et autres institutions d’enseignement supérieur et de recherche en offrant  des compétences pratiques qui augmentent considérablement l’employabilité. 

«  La formation professionnelle qualifiante que nous offrons facilite l’accès rapide au marché du travail, réduit le chômage et permet d’acquérir des qualifications concrètes et adaptées aux besoins des entreprises. Nous voulons des jeunes qui puissent se suffire à eux-mêmes, pas seulement à Kinshasa mais dans tout le pays, au lieu qu’ils soient dépendants et passent leur temps à rédiger des lettres de demande d’emploi ; nous les formons à acquérir des compétences pour divers métiers d’où nous lançons un appel à tous de venir se former », a-t-il ajouté.

Pour M. Alain Mulaba, président de la jeune chambre de commerce Congo diaspora, il y a un nombre important d’établissements d’enseignement supérieur, universitaire

qui produisent chaque année des diplômés

et qui sont déversés sur le marché de l’emploi mais il y a un problème d’absorption de ces derniers sur ce marché de plus en plus concurrentiel.

« Nous constatons qu’il y a un décalage entre

la production des cadres universitaires et la demande au niveau du marché de l’emploi et il y a des filières qui sont couramment développées dans ces établissements.

Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait des études à la base entre les besoins du marché de l’emploi et les formations qui sont développées. Et ce qui fait que, d’une part, la capacité d’absorption reste limitée », a-t-il déploré.

Tout en établissant un diagnostic sur les compétences, la formation et l’employabilité, les panelistes sont revenus sur les défis auxquels les jeunes sont confrontés ainsi que les différents enjeux. 

« Je crois qu’il y a un problème même déjà au niveau d’adaptation de la formation aux besoins réels de la vie.

Par exemple est-ce que nous formons les maçons, parce que nous en avons besoin ? Mais nous n’avons pas beaucoup d’écoles qui les forment. Nous voulons seulement l’amateurisme au lieu du professionnalisme. Pour moi, il y a plus le fait que la formation doit viser plutôt l’apprentissage concret pour avoir des compétences. Je crois que le premier défi, c’est de trouver des stratégies pour correspondre la formation aux besoins réels de la société », a indiqué la révérende Sœur Odette Sangupamba, Doyenne de la Faculté des Sciences informatiques de l’UCC.

« Les étudiants ne connaissent pas les entreprises. Or le système LMD prévoit justement beaucoup de stages en entreprise et c’est la pierre angulaire de la réussite des étudiants. Un stage qui se caractérise plus par des photocopie, café, classement, va aller m’acheter un coca, etc…ne pourra pas permettre de réussir à rentrer dans la vie professionnelle. Donc le système universitaire, conformément à la réforme LMD, doit s’ouvrir à la stagérisation et doit faire en sorte qu’il y ait des vrais stages et pour ça il faut que les entreprises aussi jouent le jeu. Les étudiants doivent être considérés comme des vrais employés. Ca, c’est un premier enjeu. Deuxièmement, nous avons notre responsabilité en tant qu’établissement d’enseignement supérieur, sur le schéma cognitif, sur le processus », a conclu Franck Mériaux, professeur à l’école supérieure de management de Kinshasa.

ACP/JF

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