Kinshasa, 8 mars 2026 (ACP).– Le programme de mentorat « voix essentielles, leadership des femmes contre le paludisme » a été lancé samedi, lors d’un atelier à Lingwala, dans le Nord de Kinshasa, en République démocratique du Congo, par l’ONG Speak-Up Africa à travers le projet WAVE (Women Accelerating Victory towards Malaria Elimination).
« En 2022 nous avons enregistré plus de 27 millions de cas et plus de 25.000 décès, faisant du paludisme la première cause de morbidité et de mortalité dans notre pays. Ces chiffres nous rappellent que la lutte contre le paludisme n’est pas seulement une priorité sanitaire mais un enjeu du développement, de justice sociale. Les femmes en particulier sont les plus touchées. Pendant la grossesse elles sont les plus vulnérables. Le programme de mentorat que +SpeakUpAfrica+ a lancé aujourd’hui est une réponse concrète à ce défi afin d’accompagner les femmes leaders capables d’impacter dans la lutte contre le paludisme en RDC », a déclaré le député Dieudonné Mposhi, président de la commission paludisme à l’Assemblée nationale.
Il a fait savoir que la RDC représente environ 12,6% des cas mondiaux et 11, 3% de décès liés au paludisme et que les femmes, sont souvent confrontées à des barrières structurelles notamment un faible pouvoir décisionnel, une disparité économique, et une stigmatisation socioculturelle.
Durant cette cérémonie, une présentation de l’initiative « voix essentielles » a été faite ainsi que la stratégie de mentorat par le docteur Astou Fall, avant un panel de partage d’expériences sur le parcours du leadership et des témoignages croisés, animé par des dames de renoms, entre autres, Euphrasie Kayembe, Mentor, journaliste et experte en communication, la député Christelle Vuanga, élue de la Funa, Mme Caroline Norah Mpindi, présidente de l’association des femmes architectes en RDC, ainsi que Mme Clarisse Mbo Modiri, chef de service prise en charge du paludisme au niveau communautaire (PNLP).
« Mon leadership au niveau de l’assemblée nationale, c’est aussi à travers les normes, les textes de loi pour accompagner les femmes. Car je suis de ceux qui pensent que le développement passe par les textes de loi. Après il y a la volonté politique (…) nous devons respecter la parité, mais que ce soit dans l’armée, dans le gouvernement au niveau de l’assemblée nationale ou au Sénat, on n’a même pas encore atteint trente pour cent de la représentativité féminine », a déploré la député Christelle Vuanga, panéliste.
Elle a promis de s’impliquer avec l’appui des femmes de la société civile pour convertir les desiderata des femme en politique publique pour donner une visibilité nationale à cette initiative et mobiliser les parties prenantes autour de l’autonomisation des femmes leaders issues des organisations de la société civile.
Pour sa part, la paneliste Caroline Norah Mpindi a interpellé les hommes pour briser les stéréotypes et entrer ensemble dans une dynamique positive des résolutions des problèmes auxquels la RDC est confrontée tel que le paludisme. Elle a invité toutes les femmes à briser le plafond de verre et à connaître leurs points forts pour les mettre au service de la société.
« Les hommes aussi reçoivent et vivent des pressions parce qu’il y a des stéréotypes, c’est très important qu’ils comprennent cette dynamique parce que tant qu’ils ne comprendront pas, ils penseront qu’on est là pour nous battre contre eux Non, on est là pour qu’on puisse travailler ensemble, pour qu’il y ait équilibre et J’ai toujours donné l’exemple d’un bâtiment, qui repose sur des piliers car je suis architecte. D’où les femmes doivent se demander qu’est-ce que j’aime faire dans quoi est-ce que je me détache des autres » a-t-elle indiqué.
Par ailleurs elle a interpellé les femmes mentors sur le phénomène de la reine des abeilles. les femmes qui sont arrivées au sommet et qui n’aident pas les autres à émerger car ce phénomène handicap la lutte pour l’égalité des sexes et pour les droits des femmes.
Lors de cette cérémonie, après la présentation des objectifs de ce programme, qui a été officiellement lancé, il a été également question des résultats attendus autre autre, les mentées sont reconnues publiquement comme actrices clés de la lutte contre le paludisme, les partenaires et décideurs doivent exprimer un engagement concret pour accompagner l’initiative avec une amplification des messages sur le leadership féminin afin de renforcer la sensibilisation nationale en valorisant le rôle des femmes leaders dans la gouvernance sanitaire et communautaire.
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