Divorce à Kinshasa : le magistrat du parquet favorable aux demandes de la demanderesse

Kinshasa 15 avril 2026 (ACP).- Le magistrat du parquet s’est déclaré favorable aux demandes de la demanderesse (une avocate) notamment le divorce et le partage équitable des biens, lors d’une audience mercredi, au tribunal de paix d’Assosa dans la commune de Kasa-vubu, centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
« Veuillez s’il vous plaît dire recevable et fondée la requête de la demanderesse. Accorder le partage des biens 50-50. Et quant au remboursement des loyers payés, étant donné qu’elle n’a pas apporté de preuve, vous direz non fondée la requête » a dit le magistrat du parquet comme avis sur cette affaire.
Le tribunal après avoir attendu toutes les parties s’est dit suffisamment éclairée, avant de clore les débats et prendre l’affaire en délibéré.
Peu avant, la femme, avocate de profession, a fait sa voir que sa demande de divorce était motivée par le fait que son mari ne parvenait plus à subvenir aux charges de la famille. « Je souhaite divorcer d’avec mon mari. Il n’arrive pas à subvenir à mes besoins matériels et ceux de nos deux enfants. D’ailleurs depuis une année, c’est moi qui paie le loyer. Et je suis même prête à rembourser la modique somme avec laquelle il m’a épousé je cite 150 dollars », a-t-elle déclaré.
De son côté, le mari a, dans son argumentaire, affirmé qu’il a toujours pris soin de sa famille comme « le ferait tout chef de famille », avant de demander les preuves prouvant que sa femme avait payé le loyer.
« Moi je travaille pour mes enfants. Elle dit que je ne comble pas les besoins matériels de ma famille. Où sont les preuves que c’est elle qui paie le loyer de la maison ? Demandez-lui comment a-t-elle voyagé pour la Suisse l’année passée ? J’ai des vidéos dans mon téléphone mais par respect pour elle, je ne le montrerais pas devant le tribunal où on me voit avec nos enfants acheter des pommes, voyager à mes propos frais », a-t-il rétorqué.
Quant à la question de remboursement de la dot, le mari s’est appuyé sur sa culture pour repousser l’offre de sa femme. « Elle veut rembourser la dot mais je ne l »accepterais pas. Dans ma culture, ça ne se fait pas. Elle est et restera la mère de mes enfants. J’ai beaucoup de respect pour elle», a-t-il soutenu en outre.
En ce qui concerne le partage des biens acquis durant le mariage, la partie défenderesse s’est déclaré également favorable au partage équitable des biens.
« Elle dit que son mari est un irresponsable mais comment elle revendique les biens dont elle ignore l’existence ? Elle reconnaît quand même quelque part qu’elle a bénéficié dans ce mariage. Nous sommes prêts à lui donner ce qu’elle revendique. D’ailleurs, on dépose la liste des biens que nous allons donner au tribunal », a déclaré l’avocat de la partie défenderesse.
Selon une étude faite par l’ACP en 2025, un taux évolutif du divorce depuis 2016 a été constaté à Kinshasa avec « 2230 cas de divorces enregistrés comprenant la plupart des jeunes couples dont l’âge varie entre 25 ans et 30 ans, au maximum 40 ans ». La même étude avait souligné que « certains parents ont une part de responsabilité dans cette situation du fait de certains comportement qui ne reflètent pas une bonne éducation (manque de patience, envie, manque de préparation, concurrence, insoumission, adultère,…) conduisant ainsi au divorce.
ACP/ C.L.

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