Est de la RDC : la situation dramatique des droits humains débattue à Kinshasa

Kinshasa, 22 décembre 2025 (ACP).– La situation dramatique des droits humains dans les territoires occupés par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23-AFC, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été débattue, lundi, lors d’une journée de réflexion à Kinshasa, à l’initiative d’une organisation de défense des droits de l’Homme.

« 6,5 millions de déplacés congolais se retrouvent à Beni, à Kinshasa, et dans d’autres territoires congolais non occupés, ainsi qu’en Tanzanie, au Burundi, après l’occupation de Goma, Bukavu et autres territoires, alors plus de 7,1 millions d’enfants souffrent de mal nutrition. La situation est dramatique et nécessite une intervention d’urgence », selon le rapport de l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC), lu par Jospin Baluge, son chargé de programme.

Dans ce rapport, il a été révélé comment des femmes et des filles à Goma, à Bukavu ainsi que dans d’autres territoires occupés de cette partie du pays sont violées et ne cessent d’être violées par les éléments de l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’AFC-M23.

« Des hommes et des enfants sont soit tués, soit enrôlés de force pour intégrer l’AFC-M23. Des chefs coutumiers dans les localités comme Kashebere et autres ont été exécutés. A Malewusa, il y a eu même un carnage au mois de février dernier », a indiqué le chargé de programme, révélant aussi les cas des violences basées sur le genre (VBG), où 1300 filles ont été violées à ciel ouvert, qui souffrent aujourd’hui de fistules.

Pour lui, à Goma, à Nyirangongo, à Rutshu et autres localités du Nord-Kivu, la situation est très dramatique. Ces coins étant occupés, les gens ne savent pas hausser le ton, a expliqué le chargé de programme de l’ANVC.

A Uvira, la situation a connu une autre situation, lorsque l’armée et le M23-AFC ont cherché à s’emparer des localités dans cette partie du Sud-Kivu, au niveau des Haut-Plateaux.

« Du 1er au 10 décembre 2025, l’armée rwandaise et ses supplétifs du l’AFC-M23 ont tué plus de 74 personnes et ont blessé 83 autres personnes. Le 7 décembre, 20 corps ont été brulés vifs entre Sange, Kamanyola, une femme violée par 24 militaires du M23-AFC, qui était devenue l’esclave sexuelle d’un chef de ces terroristes », a relevé Jospin Baluge.

Il a rapporté également le cas d’une fille de 16 ans qui a été violée devant son père qui était mort, parce qu’il n’avait pas pu supporter ce choc.

Dans le rapport de l’ANVC, des femmes victimes de nombreuses exactions, notamment les viols ont témoigné, a encore dit Jospin Baluge.

« C’est chaque jour qu’on enterre des morts à Uvira », a déploré le chargé de programme Baluge.

Appel à une mobilisation nationale

Le coordonnateur de l’ANVC a appelé à la mobilisation nationale afin que les voies se lèvent à Kinshasa et d’autres villes du pays pour que ces exactions cessent. Il a invité la communauté internationale à s’impliquer pour faire pression au Rwanda d’arrêter d’exterminer les populations dans l’Est de la RDC.

« Dans les haut-plateaux, il y a des Rwandais qui quittent les villages, prennent la rivière pour envahir les champs des Congolais. Ils veulent la balkanisation de notre pays », a déclaré Sadiki Shemikobya, coordonnateur de l’ANVC.

Il a invité, enfin, le gouvernement, à travers son ministère des Affaires sociales, à prendre soin des déplacés qui sont arrivés à Kinshasa, Kisangani et autres villes du pays qui n’ont pas des logements et passent la nuit dans des terrasses. ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet