Kinshasa, 22 décembre 2025 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a été invité, lundi, à traduire en justice des auteurs de violations graves par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), lors d’une journée de réflexion sur la situation des droits humains dans l’Est du pays à Kinshasa.
« A l’issue de cette réflexion, la CNDH lance les appels suivants; au Gouvernement de la République, pour renforcer la protection des civils, garantir l’accès humanitaire et traduire en justice les auteurs de violations graves », a déclaré Benoît Mudiayi, conseiller en communication de cette institution congolaise d’appui à la démocratie, qui a lu le message du président empêché.
Selon toujours ce message, les forces de défense et de sécurité ont été appelées au strict respect des droits humains et du droit international humanitaire; à la communauté internationale d’apporter un soutien accru aux mécanismes nationaux de protection des droits humains et à l’assistance humanitaire et aux groupes armés de cesser immédiatement des violences contre les populations civiles.
Une autre recommandation adressée aux organisations de la société civile et aux médias de documenter de manière responsable et éthique des violations des droits humains.
Pour la CNDH, la situation dans l’Est de la RDC ne peut plus être considérée comme une fatalité.
Et de soutenir: « La publication des rapports sur les violations des droits humains doit être un point de départ vers des actions concrètes, centrés sur la protection des victimes, la restauration de la dignité humaine et la consolidation de l’Etat de droit ».
Le conseiller en communication de la CNDH, qui a parlé au nom du président de cette institution, a centré son message sur « la situation humanitaire dans l’Est du pays et les mécanismes liés à la protection des droits humains.
C’est ainsi qu’il a relevé que depuis plus de trois décennies, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri et d’autres zones limitrophes font face à une crise multidimensionnelle aux conséquences humanitaires dramatiques.
Il a fait à l’allusion aux enquêtes, missions de monitoring et rapports documentés par la CNDH qui font état notamment de massacres des civils, exécutions sommaires et assassinats ciblés; violences sexuelles et basées sur le genre, utilisées comme arme de guerre, touchant principalement les femmes, les filles, mais aussi les hommes et les garçons, et même les bébés.
Il y a également des déplacements massifs des populations, avec des millions de personnes déplacées internes vivant dans des conditions indignes, sans accès adéquats à l’eau, à la santé, à l’éducation et à la sécurité et recrutement forcé d’enfants.
Outre l’importance de la publication des rapports sur les violations des droits, le conseiller Mudiay de la CNDH est revenu sur notamment les mécanismes nationaux mis en œuvre par cette institution citoyenne. Parmi ces mécanismes, il faut citer notamment le monitoring systématique et permanent des vioations des droits humains dans les zones affectées par les conflits armés.
Il a, en outre, abordé le rôle de son institution dans l’articulation des mécanismes nationaux, africains et internationaux.
Cette journée de réflexion a connu plusieurs temps forts, il s’agit de la première thématique d’échange sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays; la deuxième concernant la situation humanitaire toujours dans cette partie du pays et les mécanismes liés à la protection des droits humains, et la troisième thématique qui a abordé l’opérationnalisation de la justice transitionnelle face au massacre perpétré aux parties orientales de la RDC. ACP/C.L.

