Kinshasa, 1er octobre 2025(ACP).- Le développement d’un cadre juridique de protection des lanceurs d’alertes pour lutter contre la corruption a été l’objet, mercredi, d’un atelier organisé par la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF) et autres organisations à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« C’est avec un immense honneur et un profond sentiment de responsabilité que je prends la parole, au nom de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), à l’occasion de l’ouverture officielle de cet atelier technique consacré au développement du cadre juridique de protection des lanceurs d’alerte en RDC », a déclaré Jimmy Kande, directeur Afrique de l’Ouest et francophone de la PPLAAF.
Il a relevé que les participants, prenant part à ces travaux, ont témoigné l’importance qu’ils ont accordée à la consolidation de l’État de droit, à la promotion de la transparence et à la lutte contre la corruption dans le pays.
Pour lui, la promotion des lanceurs d’alertes n’est pas un simple choix politique ou technique, elle constitue un pilier fondamental de toute stratégie efficace de prévention de détection et de répression de la corruption. Elle est également un indicateur, a-t-il ajouté, de la maturité démocratique d’un Etat et de sa volonté de garantir l’intégrité de ses institutions.
« En effet, ceux qui, par civisme et dans l’intérêt général, décident de signaler des faits de corruption ou d’autres violations graves, contribuent de manière déterminante à renforcer la transparence et la recevabilité. Mais leur contribution ne peut porter ses fruits que si elle s’inscrit dans un environnement juridique protecteur qui leur assure sécurité, confidentialité et reconnaissance », a-t-il soutenu.
Le directeur Afrique de l’Ouest et francophone de la PPLAAF a salué, en outre, le partenariat exemplaire de leurs partenaires.
De son côté, Mme Louise Portas, spécialiste de la prévention du crime et de la justice pénale, a parlé de l’importance de cette activité.
« Cet atelier se place dans ce contexte et dans le cadre du projet ’’Accélération de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption en RDC’’, financé par les USA. Il est organisé avec notre partenaire, la PPLAAF ainsi que l’Organisation internationale du droit au développement (IDL0). Il fait suite à une conférence internationale sur le lancement de l’alerte qui avait été organisée par la même PPLAAF en novembre 2024 », a-t-elle explique.
La spécialiste de la prévention du crime et de la justice pénale a manifesté la joie que la RDC ait lancé la protection des lanceurs d’alertes dans une proposition de lois.
Renforcement de la transparence pour lutter contre la corruption pour garantir la protection des lanceurs d’alertes
« Cet atelier est plus un cadre technique, une étape fondatrice pour définir ensemble un cadre juridique adapté à la réalité congolaise, un cadre qui protège, sécurise et qui donne confiance. Cependant, en s’engageant dans cette journée, nous ne devons pas occulter les efforts déjà consentis tant sur le plan institutionnel que politique ainsi que le travail de nombreux acteurs tant publics que privés que chaque jour, avec discipline et constance, sont des portes voix du message de la lutte contre la corruption », a déclaré, pour sa part, Nick Elebe ma Elebe, manager de l’IDLO, dans son mot.
Pour conclure, il a rendu hommage au réseau africain de lutte contre la corruption.
« C’est ici l’occasion d’adresser un vibrant hommage au réseau africain de lutte contre la corruption ainsi qu’à son président honorable Pasi Zapamba, pour le travail abattu », a-t-il conclu.
L’atelier sur le développement d’un cadre juridique de protection des lanceurs d’alertes pour lutter contre la corruption se tient pendant trois jours, soit du 1 au 3 octobre 2025. Il réunit des experts nationaux et internationaux, des législateurs, des représentants d’institutions publiques, la société civile et ceux du secteur judiciaire, dans le but d’élaborer un cadre juridique solide, efficace et adapté au contexte congolais.
ACP/UKB

