Kinshasa, 1er octobre 2025 (ACP).- La Haute cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a condamné à mort, mardi, l’ancien Président Kabila. Au lendemain du verdict de cette haute juridiction militaire, l’ACP a approché Me Jean-Marie Kabengela, l’un des avocats de la République, pour avoir sa lecture sur cette condamnation.
1. La Haute cour militaire a condamné à mort l’ancien Président République Joseph Kabila, alors que dans votre plaidoirie, vous aviez sollicité la réclusion. Êtes-vous satisfaits de ce verdict, ou estimez-vous qu’il s’éloigne de votre ligne de plaidoirie ?
Me Jean-Marie Kabengela: Les avocats de la République sont satisfaits du verdict de la Haute cour militaire en ce que, comme partie civile, la République poursuivait la réparation des préjudices qu’elle a subis, préjudices que nous avions évalués et quantifiés à plus de 33 milliards de dollars américains (USD). Sur cet aspect, la Haute cour militaire a bien adjugé notre demande.
Pour ce qui est de la postulation à la condamnation à la servitude pénale à perpétuité, il s’agissait d’un concours de la partie civile à l’appréciation de la peine applicable au regard de l’article 77 du Statut de Rome que la RDC a ratifié et de la Constitution. La peine de servitude pénale à perpétuité aurait facilité la coopération judiciaire avec les États qui ont aboli la peine de mort et ce, dans le cas où le condamné se trouverait sur le territoire de tels États.
2. Votre demande de séquestre des biens de Joseph Kabila n’a pas été retenue par la Haute cour militaire. Est-ce que pour vous, une déception, et envisagez-vous d’autres voies juridiques pour obtenir ce séquestre ?
Me Jean-Marie Kabengela: La République n’a jamais postulé la mise sous séquestre des biens du condamné. Cette demande avait été exprimée par le parquet général militaire pour obtenir la confirmation de la mise sous séquestre qu’il avait déjà décidée.
3. Selon vous, ce verdict est-il de nature à apaiser les tensions et à instaurer un climat de paix dans le pays, ou risque-t-elle au contraire d’aggraver la crise politique et sécuritaire actuelle ?
Me Jean-Marie Kabengela : Il n’y aura pas de crise politique et sociale, car le prévenu n’est pas un des animateurs des institutions de la République, ni d’une structure sociale. Il y aura donc un sentiment de renforcement de la justice et de l’autorité de l’État.
La dernière fois je vous ai dit qu’après la décision de la Haute cour militaire, si le prévenu est condamné aux peines prévues par le statut de Rome et les lois de la République ainsi qu’aux dommages intérêts postulés par la République, il y aura dans le chef de la population, un sentiment de justice, opposé au sentiment d’impunité.
ACP/UKB

