Kinshasa, 03 novembre 2025 (ACP).- La société «Atelier d’électro mécanique industrielle (AEMI)» a été traduite devant le tribunal de travail de Matete, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lundi, par une ancienne employée qui réclame le paiement de son décompte final pour un licenciement abusif.
« Vous allez dire recevable et fondée cette action. Vous allez constater qu’il y a eu licenciement abusif. Par un avant-dire droit, vous allez ordonner à ce que l’inspecteur du travail puisse procéder au recalcule de son décompte final en y ajoutant le préavis comme le veut la loi. Vous allez condamner la société sur base de l’article 63 au dommage et intérêt », a plaidé l’avocat de madame Angélique Bambi.
Engagée le 21 août 2017 sous contrat à durée indéterminée, elle avait été promue chargée de logistique et d’approvisionnement en octobre 2021, avec un salaire de 450 $. Elle a été licenciée pour « faute lourde » le 11 novembre 2024, après avoir participé à un arrêt collectif de travail de deux jours en septembre 2024.
« Les travailleurs ont observé un arrêt de travail de deux jours. Ils attendaient que l’employeur puisse comprendre le sens de leur revendication. La société, au lieu de répondre, a souhaité venir par des demandes d’explications. La société, en date du 3 octobre, va convoquer ma cliente et elle va répondre », a dit l’avocat de la demanderesse.
Il a estimé que la société a violé la loi en licenciant abusivement sa cliente en ces termes : « Le fait d’avoir observé deux jours d’arrêt de travail ne peut constituer une faute lourde. La décision qu’a prise l’employeur de ne pas tenir compte de ces deux jours d’arrêt n’a aucun fondement de droit et viole les prescrits de l’article 100 du Code du travail ».
« L’article 100 veut que toute somme restant après la cessation de service soit versée dans les 48 heures, et dans sa totalité. C’est une obligation que le législateur impose. Vous allez remarquer que la société a violé systématiquement la loi », a-t-il ajouté.
De son côté, le conseil de la partie défenderesse est revenu sur les circonstances du licenciement de Madame Bambi. L’avocat a précisé que cette participation avait constitué une violation des dispositions de l’arrêté ministériel encadrant le droit de grève.
Le conseil a renchéri que la procédure disciplinaire avait été conduite conformément à la loi, rappelant que l’employeur avait demandé des explications à l’employée avant de procéder à son licenciement.
« L’employeur a suivi toutes les étapes requises : demande d’explication, audition et notification dans le respect des délais », a-t-il dit.
Le conseil de la défense a invité le tribunal à débouter la partie demanderesse, estimant que l’entreprise avait agi « en toute conformité avec la loi » et qu’il n’existait aucune violation des droits du travailleur.
Donnant son avis, le magistrat du parquet a dit que la décision du licenciement n’est pas assise sur un motif valable. Il y a licenciement irrégulier, sans motif valable.
« Le tribunal dira recevable la présente action et la dira fondée. Vous appliquerez l’article 63 du Code du travail », a-t-il requis.
Le président de la composition, Pierre Kiama, a clôturé le débat, avant de prendre l’affaire en délibéré et d’annoncer que le tribunal va rendre sa décision dans le délai de la loi.
AEMI est une entreprise congolaise spécialisée dans l’installation, la réparation et la maintenance électrique, avec une expérience de plus de 60 ans en République Démocratique du Congo. Anciennement ACEC Congo (Ateliers de Construction Electrique de Charleroi), AEMI est détenue par le Groupe Forrest depuis 2013.
ACP/JF

