Kongo Central : l’évaluation de la distribution de la justice, objectif du ministre Ngefa

Kinshasa, 5 septembre 2026 (ACP).- « L’évaluation de la manière dont la justice est distribuée dans la  province du Kongo Central, dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC) a été l’objectif de la mission officielle que le ministre de la Justice a effectuée dans cette partie du pays, selon un message consulté samedi par l’ACP.

« L’objectif était d’évaluer la manière dont la justice est distribuée dans cette province, mais aussi de recueillir la perception qu’  a la population. Nous avons l’obligation de nous assurer que la justice rendue dans les différentes juridictions est conforme à notre Constitution et répond aux besoins de la population », a déclaré Guillaume Ngefa, ministre de la Justice et garde des Sceaux à l’issue de la mission, a-t-on lu dans le compte X dudit ministère.

Selon la source, après Madimba, Mbanza-Ngungu, Muanda et Boma, le ministre d’État a achevé sa tournée à Matadi, où il a poursuivi ses consultations avec les autorités provinciales et les différents acteurs de la chaîne judiciaire.

« Cette mission d’écoute et d’évaluation visait à apprécier le fonctionnement de l’appareil judiciaire, les conditions de détention, l’état des infrastructures et du patrimoine de l’État, tout en recueillant les préoccupations des citoyens et des professionnels de la justice  », a ajouté la source.

D’après la même source, M.Ngefa a notamment visité plusieurs services judiciaires et échangé avec des magistrats, des avocats ainsi que des agents de l’administration judiciaire.  » Les discussions ont porté sur les conditions de travail, les besoins en infrastructures et en équipements, l’archivage et la numérisation des services, ainsi que sur la situation administrative de certains agents  ».

Par ailleurs,  la même source a rapporté que le ministre de la Justice a également visité la prison de Matadi, où il a été confronté à une réalité particulièrement préoccupante : le « phénomène casier », expression utilisée par les détenus pour décrire les conditions de couchage dans lesquelles plusieurs prisonniers sont contraints de dormir entassés les uns sur les autres, à l’image de casiers superposés.

La même source a fait savoir par la suite qu’ au  vu de l’ampleur des défis judiciaires et pénitentiaires relevés sur le terrain, l’ évaluation ne s’est pas limitée au fonctionnement des cours et tribunaux:  » Elle a également porté sur plusieurs problématiques ayant une incidence directe sur l’administration de la Justice, notamment les conflits fonciers, les atteintes au patrimoine de l’État, la protection de l’environnement, les conditions de détention et la prise en charge des enfants en conflit avec la loi  », a martelé cette même source.

Notons que la même source, a résumé  en quelques lignes le parcours du ministre d’État dans cette partie du pays lors de cette mission:

À Madimba, il s’est notamment intéressé à l’ancien Établissement de garde et d’éducation des enfants en conflit avec la loi, aujourd’hui fortement dégradé. Il a examiné les possibilités de réhabiliter, à terme, une structure adaptée à leur prise en charge, à leur formation et à leur réinsertion.

À Mbanza-Ngungu, la situation de la prison centrale a particulièrement retenu son attention en raison de la surpopulation et de l’inadaptation des infrastructures. À Muanda, outre les conditions de fonctionnement des services judiciaires, la mission s’est penchée sur un différend relatif à l’occupation de terrains situés dans la zone protégée des mangroves.

À Boma, M.  Ngefa  s’est rendu sur le site de Shinkakasa, dont la réhabilitation est envisagée en vue de son adaptation aux normes pénitentiaires modernes. Il a également relevé des préoccupations liées à l’occupation d’une partie de cette concession militaire, considérée comme stratégique pour la sécurité nationale.

« La protection du patrimoine de l’État, particulièrement lorsqu’il s’agit de sites stratégiques pour la sécurité nationale, appelle une vigilance particulière et des réponses appropriées », a indiqué le ministre de la Justice, précisant avoir attiré l’attention des autorités provinciales sur la nécessité de préserver ces espaces conformément à la loi.

‎Vers un mécanisme permanent de suivi

Par ailleurs, au terme de cette mission, le Garde des sceaux a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre le pouvoir central et l’exécutif provincial, d’autant plus que plusieurs  difficultés constatées sur le terrain nécessitant une action concertée entre les différents niveaux de pouvoir.

« Je termine cette mission avec l’espoir que nous avons renforcé cette collaboration et cette coopération. Nous avons identifié les domaines sur lesquels nous devons travailler », a-t-il déclaré.

Il annoncé la mise en place d’un comité de suivi à l’issue de la mission qui aura pour vocation d’assurer, sur la base d’un calendrier précis, le suivi des actions identifiées, de coordonner les interventions nécessaires et d’évaluer régulièrement les progrès accomplis, a renchéri la source.

Cette démarche doit permettre une meilleure articulation entre les autorités nationales et provinciales dans la prise en charge des questions d’intérêt national et favoriser l’apport progressif de réponses concrètes aux difficultés relevées au cours de la mission, a conclu la même source. ACP/LAS

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