Kinshasa, 2 juillet 2026 (ACP).- Le Tribunal militaire de Kinshasa-Gombe a renvoyé au 15 juillet le procès d’un militaire jugé pour meurtre d’un ressortissant nigérian, lors d’une audience foraine, mercredi au terrain municipal d’Assossa, dans la commune de Kasa-Vubu, au centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« Ce renvoi de l’affaire Hénoch Mutangala fait suite aux demandes de la partie civile (victime), sollicitant notamment l’appel en garantie de l’État congolais, une descente sur le lieu des faits ainsi que la comparution de plusieurs personnes appelées à éclairer le tribunal s’impose », a déclaré le président de la composition.
« L’appel en garantie de l’État congolais ne peut pas être rejeté d’office. C’est une demande qu’une partie fait à l’intention du tribunal. Il appartient à ce dernier de l’apprécier. Lorsque l’État congolais est cité comme responsable, un délai de huit jours francs doit être respecté pour lui permettre de préparer sa défense », a-t-il ajouté.
Il a aussi indiqué qu’à la prochaine audience comparaîtront notamment le major, commandant du camp ayant signé l’ordre de mission du prévenu, son supérieur hiérarchique direct, ainsi que Mme Jacky, citée comme épouse du major et propriétaire de la résidence où le prévenu avait été affecté à la garde.
« Cette question appelle également la comparution du commandant de camp. C’est le major qui a signé l’ordre de service. C’est aussi Mme Jacky qui doit venir nous éclairer par rapport aux faits tels qu’instruits devant le tribunal », a ajouté le président.
Selon le procès-verbal de saisine du magistrat du parquet, le prévenu Mutangala est poursuivi pour abandon de poste et meurtre.
« Le prévenu a quitté sans motif valable son poste de garde situé au n° 52 de l’avenue Ikelemba, à la direction Shaba Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu. Retrouvé à 9h48 au n° 48 de la même avenue, il a fait usage de son arme de service, un fusil AK-47 portant le numéro CDF 3817720, en tirant à la tête de Kelvin Okoli , de nationalité nigériane, avant de prendre la fuite, semant la terreur au sein de la population », indique le procès-verbal de saisine du magistrat du parquet militaire.
Le même procès-verbal précise que l’abandon de poste constitue une infraction passible de cinq ans de servitude pénale.
Invité à s’expliquer devant le tribunal, le prévenu a rejeté toute intention de tuer la victime, soutenant que le coup de feu était accidentel.
« Je ne l’ai pas braqué. J’ai quitté la résidence sans faire ma mesure de sécurité. Je le faisais rapidement et, du coup, une munition est sortie. Mon arme était placée dans une position moins dangereuse. Je n’ai pas vu qui la munition a touché. Je me promenais et mon chef m’a appelé pour m’informer que j’avais tué quelqu’un. Je pourrais le reconnaître de vue, mais je ne connais pas son nom », a déclaré le prévenu Mutangala.
Le magistrat du parquet a estimé que les déclarations du prévenu constituaient un aveu de l’abandon de poste.
ACP/ YD

