RDC: des mécanismes de sensibilisation sollicités pour changer le regard porté sur les albinos

Kinshasa, 14 juin 2026 (ACP).- La mise en place des mécanismes de sensibilisation a été sollicitée, dimanche, par une organisation de défense des droits des albinos pour changer le regard porté sur les personnes vivant avec albinisme en République démocratique du Congo (RDC), lors d’un entretien à l’ACP.

« Nous demandons aux pouvoirs publics de mettre en place des mécanismes de sensibilisation de la population pour changer le regard porté sur les personnes vivant avec albinisme. J’en appelle également à la Première Dame, Denise Nyakeru, afin qu’elle accompagne davantage les initiatives de promotion et de protection des droits des albinos », a déclaré Mme Nadine Mukenge, présidente de l’ONG Ligue de défense des droits des albinos (Lide).

S’exprimant sur la persistance des préjugés, Nadine Mukenge a estimé que la sensibilisation demeure un outil essentiel pour changer le regard de la société sur l’albinisme.

« Il y a toujours de l’injustice à l’endroit des personnes vivant avec albinisme. C’est pourquoi nous avons créé une organisation pour défendre leurs droits et sensibiliser la population sur la réalité de l’albinisme. Aux africains, particulièrement aux congolais qui comprennent très mal le fait pour nous d’être albinos, nous disons que nous même albinos le prenons très mal aussi ». a-t-elle affirmé.

Albinos et résidente à Bruxelles, capitale du royaume de la Belgique, elle a expliqué, par ailleurs, les raisons de son séjourner à Kinshasa sur invitation du centre wallonnie Bruxelles, afin de participer à la 10ème édition  du concept « Fièrement Ndundu plus de couleurs », de Yan Mambo, en marge de la Journée mondiale des personnes vivant avec albinisme célébrée le 13 juin de chaque année. 

Une occasion pour elle de parler de son expérience comme mère albinos et les croyances erronées qui alimentent l’exclusion des personnes vivant avec albinisme.

« Beaucoup pensent encore que l’albinisme est une malédiction ou une maladie, alors qu’il s’agit simplement d’un manque de mélanine. Ces préjugés contribuent à la stigmatisation que nous combattons au quotidien », a-t-elle expliqué.

Des personnes vivant avec l’albinisme lors d’un panel

De son côté, Mme Marie-France Tshapakatshi, activiste sociale des droits des personnes vivant avec handicap et conseillère en charge de l’inclusion sociale des personnes vivant avec albinisme au ministère des Personnes vivant avec handicap, a aussi fait part de son expérience comme femme albinos. 

« À travers notre expérience faite de résilience et de courage, nous voulons que les jeunes atteints d’albinisme puissent aussi emboîter nos pas. Sans courage, sans détermination et sans persévérance, on n’arrivera jamais à atteindre ses rêves ni à faire accepter ses talents au sein de la société », a déclaré Mme Marie-France Tshapakatshi.

Elle a soutenu que son engagement en faveur de l’inclusion des personnes vivant avec albinisme lui a permis de contribuer davantage à la promotion de leurs droits au sein des institutions publiques.

« Ce même combat pour l’inclusion et l’autonomisation des personnes vivant avec albinisme a conduit Irène Esambo, ministre délégué des Personnes vivant avec handicap, à faire appel à nous. Nous continuons à œuvrer pour mettre fin à la marginalisation dont souffrent encore les albinos », a-t-elle martelé.

Plusieurs activités ont été organisées ce week-end en RDC en faveur de la sensibilisation sur les droits des albinos. À Kinshasa tout comme en provinces, des conférences ont eu lieu en marge de la Journée mondiale dédiée à l’albinisme.

ACP/GHA

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