RDC : général Ndaywel entendu comme renseignant dans un dossier de violation de consignes

Kinshasa, 7 mai 2026 (ACP).- Le général-major Ndaywel a été entendu, mercredi, comme renseignant dans l’affaire de violation des consignes d’un ancien commandant secteur Bukavu – Uvira, deux villes du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une audience devant la Haute cour militaire à Kinshasa.

« J’ai sollicité la comparution du général-major Christian Ndaywel, parce qu’à l’époque, sous-chef d’État-major chargé de renseignement, il avait signé une correspondance officielle, dans laquelle, il a déclaré que le général-major Ramazani Fundi, avait ordonné le décaissement d’une somme de 150 dollars américains (USD) au profit du DTR secteur, en vue d’acheter un câble de programmation de 30 radios vertel auprès de l’ingénier Mandela Mongengele, se trouvant à Bukavu, et ce, en violation de l’instruction de la haute hiérarchie », a dit le général-major Cyprien Muwau, magistrat du parquet militaire.

« Les fréquences de ces radios ne pouvaient être programmées que par le fournisseur, conjointement avec le DTR région », a-t-il ajouté.

Interrogé à ce sujet, le général-major Ndaywel a indiqué que ce type de radios a été doté aux Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), suite à un problème de sécurité dans les transmissions. Il a précisé que ces appareils ont été acquis sans code de transmission.

« Dotées par l’échelon supérieur aux Fardc et particulièrement à l’Etat-major de renseignement, mon général, ces radios sont venues avec un schéma qui n’est pas habituel, assorti de certaines instructions restrictives par rapport aux possibilités de programmation », a-t-il martelé.

La société fournisseuse alerte sur une demande d’obtention  de clé de programmation

Le général-major Ndaywel a, à cette occasion, fait savoir qu’ils avaient été contactés « officiellement » par la société fournisseuse desdites radios au niveau de Kinshasa, alertant qu’un monsieur évoluant entre Bukavu et Uvira, s’était adressé aux fabricants en Chine, pour obtenir la clé de programmation.

« Après enquête minutieuse d’une commission dépêchée sur place, dirigée par le général Mpero, chef du département des opérations, il s’était avéré que c’est le général-major Ramazani, commandant secteur, alors en consultation à Kinshasa, qui avait donné l’ordre à un de ses collaborateurs de programmer les fréquences de ces radios », a-t-il dit.

De son côté, la défense du prévenu a contesté les dépositions du renseignant, soutenant qu’il n’est pas la personne habilitée pour apporter des éclaircissements à la cour.

« Le renseignant ici présent, M. le président, n’est pas la personne habilitée à vous éclairer. Seul le général Lukwebo est celui qui avait reçu la consigne directe pour partager aux unités », a rétorqué l’avocat de la défense.

L’organe accusateur a ainsi sollicité une nouvelle comparution de certains renseignants pour être confrontés au général-major Christian Ndaywel.

« M. le président, moi, je pense qu’au nom de la vérité, les généraux déjà entendus en qualité de renseignant, en l’occurrence le général Lukwebo, le général Yav Abul et le général Mpero reviennent afin d’être confrontés au général-major Christian Ndaywel », a-t-il sollicité.

Rappelons que le général-major Ramazani Fundi, ancien commandant secteur, est jugé notamment pour violation des consignes et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline. ACP /JF

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