Kinshasa, 9 juillet 2026 (ACP)- » La célébration de la journée du barreau est un moment de réflexion sur l’avenir de la justice « , a indiqué jeudi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC) un ministre, à l’occasion de la célébration des 58 ans de cette corporation au pays.
» La célébration de la journée du barreau congolais autour du thème : « L’avocat face aux défis de l’heure. La formation continue, levier d’adaptation et de performance « , constitue désormais un rendez-vous majeur de réflexion sur l’avenir de la justice dans notre pays. L’importance des enjeux abordés a conduit les organisateurs à consacrer cette année deux journées de travaux, soit du 9 au 10 juillet 2026 », a déclaré Me Guy Loando, ministre de Relations avec le Parlement en présence de nombreux invités.
Et d’ajouter : « Ce choix témoigne de la volonté du barreau congolais de dépasser le simple cadre commémoratif, pour faire de cette rencontre un véritable laboratoire d’idées au service de la modernisation de la profession »,
Pour lui, ce thème résume les mutations profondes que connaît aujourd’hui la profession d’avocat partout dans le monde, invitant à une réflexion profonde qui pourrait graviter autour de la profession d’avocat dans un environnement juridique où les textes évoluent constamment, la défense des justiciables lorsque les rapports économiques, commerciaux, environnementaux, numériques et internationaux deviennent de plus en plus complexes, le maintien de l’excellence professionnelle dans un monde où les connaissances juridiques se renouvellent à une vitesse sans précédent.
Me Loando a estimé, à cet effet, que la formation continue n’est plus un choix, elle devient une exigence professionnelle permanente. Ainsi, si le droit évolue continuellement. Celui qui est chargé de l’interpréter, de le défendre, de le faire vivre, ne peut pas cesser d’apprendre. En effet, l’avocat étant un professionnel du droit, sa crédibilité repose essentiellement sur la qualité de son savoir, et sa performance dépend de sa capacité à maîtriser les évolutions législatives, jurisprudentielles et doctrinales.
« Son efficacité devant les cours et tribunaux est directement liée à l’actualité de ses connaissances », a-t-il ajouté, avant de relever que son conseil auprès des entreprises, des institutions publiques ou des particuliers ne peut être pertinent que s’il repose sur une compréhension constamment actualisée du droit national, régional et continental. Autrement dit, la compétence juridique ne s’acquiert pas une fois pour toutes; elle se construit chaque jour, elle s’entretient, elle s’actualise, et se perfectionne. C’est pourquoi la formation continue constitue aujourd’hui le principal levier de performance de la profession d’avocat.
Le ministre Loando a fait savoir que la République démocratique du Congo traverse une période décisive de son histoire, engagée dans un vaste processus de consolidation des institutions, de modernisation de son économie, et de renforcement de l’État de droit.
Cette dynamique, a-t-il précisé, entraîne nécessairement une profonde évolution du système juridique, tout en soutenant également que la formation continue doit désormais intégrer les nouvelles technologies juridiques: la cybersécurité, la protection des données personnelles, l’analyse documentaire assistée par l’intelligence artificielle, ainsi que les nouvelles preuves numériques.
Rappel historique sur la loi sur les barreaux congolais

Me Matadi Wamba, bâtonnier national honoraire
Intervenant à cette occasion, Me Matadi Wamba, bâtonnier national honoraire a fait remarquer que le barreau a eu à se battre, à un moment donné, pour son indépendance.
» Mais puisque les lois ne sont pas des naissances spontanées, il faut que je vous indique pourquoi la loi. Pour qu’une personne qu’on appelle avocat puisse travailler, puisse exercer. C’est la loi de 1968, du 10 juillet 1968. Cette loi est venue à la suite d’une certaine évolution », a-t-il dit, faisant remarquer que les conditions de l’époque ne permettaient pas l’installation des barreaux.
» C’est donc des avocats belges qui venaient travailler en vertu du décret du 7 novembre 1930. Ce décret qui a eu comme mesure d’exécution l’arrêté royal du 14 juillet 1932. Puis est venu le décret du 31 mai 1946, qui a eu à indiquer la responsabilité, et aussi qui a consisté à protéger le titre de l’avocat. Tout cela est venu progressivement », a encore expliqué le bâtonnier honoraire.
Il a rappelé qu’à l’accession de la RDC à l’indépendance, le pays a eu à prendre l’ordonnance- loi du 10 juillet 68. Peu après, il a été admis au barreau le 16 février 1971. Puis, l’ordonnance loi du 28 septembre 1979, qui est la loi en vigueur à la date d’aujourd’hui.
Par ailleurs, les avocats, après 30 ans de vie de cette loi, se sont encore réunis, en consultation, barreau par barreau, pour une proposition de loi qui exprimait, les évolutions. Une loi qui tenait compte des évolutions du pays et de la mentalité. Et à la suite de la consultation, les avocats et deux députés, Me Mbuku et Maître Matadi Nenga, ont déposé une proposition de loi, débattue à l’Assemblée nationale, débattue et adoptée au Sénat, et envoyée constitutionnellement au Président de la République pour sa promulgation. Cette proposition de loi avait été au sein de l’Assemblée nationale, au sein du Sénat. Elle était combattue par certains milieux, les milieux d’affaires, précisément dans le domaine des mines.
Rôle de l’avocat dans la société
Pour sa part, le bâtonnier André Kibambe qui a parlé du rôle des avocats dans l’édification d’un état de droit en RDC, a indiqué que :
» Le 10 juillet est la date retenue en République démocratique du Congo pour célébrer la naissance du barreau congolais. C’est un jour de fête pour l’avocat de notre pays. C’est aussi un jour qui fait renaître en nous la conscience du rôle que joue l’avocat dans la société depuis les temps immémoriaux(…) l’avocat qui a joué un grand rôle dans l’édification, dans notre pays, d’un État de droit, d’un État où la démocratie doit confortablement être installée »,
» Conscients de ces rôles libérateurs, nos aînés avaient courageusement opposé à l’oppression politique de l’époque une rude résistance qui aboutit à l’indépendance de l’avocat et à son rôle combien important dans un pays qui se veut civilisé, , moderne et soucieux du bien-être de sa population.
Notons que cette première journée de célébration de la journée du barreau congolais s’est clôturée par un concours d’art oratoires qui a connu des prestations de 5 finalistes, tous avocats, sur le thème » L’avocat peut-il briser le plafond de verre sans perdre sa robe? ».
Ce concours a été suivi d’un résumé de grandes lignes sur le droit des hydrocarbures.
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