RDC : la lutte contre la torture constitue une obligation fondamentale de l’État

Kinshasa, 28 juin 2026 (ACP).- La lutte contre la torture et les traitements cruels constitue une obligation fondamentale de l’Etat en République démocratique du Congo (RDC), a relevé, dimanche, le président d’une organisation, en marge de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, lors d’un entretien avec l’ACP.

« La lutte contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants constitue une obligation fondamentale de l’État, en vertu de sa Constitution et des instruments régionaux et internationaux de protection des droits humains auxquels fait partie le pays », a déclaré Crispin Kobolongo, président national de l’ONG Action contre les violations des droits des personnes vulnérables (ACVDP).

« Malgré l’existence de ce cadre juridique protecteur, des allégations de torture et de violations graves des droits humains continuent d’être enregistrées dans plusieurs juridictions du pays. Le suivi judiciaire des affaires de torture demeure un mécanisme essentiel pour évaluer le respect des garanties procédurales, promouvoir la redevabilité des auteurs présumés et renforcer la confiance des citoyens dans l’administration de la justice », a-t-il ajouté.

M. Kobolongo a fait savoir que son organisation a assuré le monitoring judiciaire de deux affaires emblématiques portées devant les juridictions compétentes de Kinshasa durant la période allant de décembre 2025 à juin 2026.

« Ces deux dossiers présentent un intérêt particulier au regard de la gravité des faits allégués, de la qualité des personnes impliquées et des enjeux qu’ils représentent en matière de protection des droits fondamentaux, d’accès à la justice et de lutte contre l’impunité », a-t-il précisé.

Il a dit, par ailleurs, disposer d’un rapport qui compte des observations recueillies au cours des audiences et des différentes étapes procédurales.

Il a souligné, qu’à travers ce travail de monitoring judiciaire, l’ACVDP entend contribuer à la promotion de la justice, au renforcement de l’État de droit et à la prévention de la torture en RDC.

Monitoring des procès judiciaires des cas de tortures

Le président de l’ACVDP s’est attardé également sur quelques monitorings réalisés par son organisation. C’est ainsi qu’il a évoqué l’affaire de la torture dont été victimes des enfants d’une ancienne ministre des Droits Humains. Dans cette affaire, a-t-il rappelé, la Cour militaire avait rendu son jugement le 4 juin 2026.

« Le jugement avait abouti à la condamnation de deux policiers pour leur implication dans les actes commis, ainsi qu’à l’acquittement du principal cadre des services de renseignements, lui aussi poursuivi dans le dossieré », a martelé le président Crispin Kobolongo.

Et de soutenir: « Le traitement judiciaire effectif du dossier constitue un point positif du monitoring. La reconnaissance de la responsabilité pénale de certains agents constitue une avancée dans la lutte contre l’impunité. Le respect général des garanties procédurales a été observé au cours du procès ».

Selon lui, des préoccupations subsistent quant à la chaîne de commandement et aux responsabilités hiérarchiques, relevant que la nécessité d’assurer une réparation intégrale aux victimes demeure une autre préoccupation dans cette affaire.

C’est ainsi qu’il a invité le gouvernement congolais à renforcer les mécanismes de prévention de la torture, exhortant les services de sécurité à renforcer aussi la formation de leurs agents sur les droits humains et à sanctionner systématiquement les auteurs de torture et de mauvais traitements.

Il a, en outre, invité le pouvoir judiciaire à poursuivre les efforts de lutte contre l’impunité, à garantir l’indépendance des enquêtes et des poursuites ainsi qu’une protection adéquate des victimes et témoins.

M. Kobolongo a également demandé aux organisations de la société civile de continuer le monitoring des procès liés aux violations des droits humains, de renforcer l’assistance juridique et psychosociale aux victimes et d’intensifier les actions de plaidoyer contre la torture.

Il sied de relever que la Journée internationale pour le soutien aux personnes vulnérables est célébrée le 26 juin de chaque année. ACP/B/N

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