Kinshasa, 28 juin 2026 (ACP).- Le respect des droits des parties impliquées dans l’affaire de la chanteuse Rebo Tchulo a été recommandé, dimanche, au tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, en République démocratique du Congo (RDC), par le président d’une organisation de défense des personnes vulnérables, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Nous recommandons au tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe de garantir un procès indépendant, impartial et équitable; de veiller au respect des droits de toutes les parties; de rendre une décision fondée exclusivement sur les preuves », a déclaré Crispin Kobolongo, président national de l’organisation Action Contre les Violations des Droits des Personnes Vulnérables (ACVDP), en marge de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture célébrée le 26 juin de chaque année.
Selon lui, l’affaire impliquant Rebo Tchulo et plusieurs militaires constitue un test important pour la justice congolaise, dans la lutte contre l’impunité des actes de torture.
« L’ACVDP encourage les autorités judiciaires à poursuivre la procédure avec diligence, indépendance et impartialité afin de garantir la manifestation de la vérité, la sanction des responsables et la réparation des préjudices subis par la victime », a précisé le président de l’ONG.
C’est ainsi qu’il a invité le ministère de la Justice à assurer le suivi rigoureux de la procédure, de renforcer la lutte contre la torture et de garantir l’exécution des décisions judiciaires.
Aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), M. Kobolongo, à travers son organisation, a demandé de renforcer les mesures disciplinaires contre les militaires impliqués dans des violations des droits humains et de sensibiliser ces hommes en uniforme sur l’interdiction absolue de la torture.
Pour les organisations de la société civile, Crispin Kobolongo a recommandé de continuer le monitoring de ce rocès, d’accompagner la victime dans sa quête de justice et de sensibiliser la population sur l’interdiction de la torture.
M. Kobolongo a rappelé que l’article 16 de la Constitution de la RDC dispose que: « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».
Il a fait savoir que la RDC a ratifié également de la Convention contre la torture, qui impose l’interdiction absolue de la torture en toutes circonstances.
Pour lui, toute victime dispose du droit à la vérité, à une enquête impartiale, à un procès équitable et à des réparations adéquates.
« Toute personne ayant ordonné, encouragé, facilité ou exécuté des actes de torture peut engager sa responsabilité pénale individuelle », a-t-il insisté.
Pour l’ACVDP, l’implication présumée de militaires dans un différend privé constitue une préoccupation sérieuse susceptible de révéler un abus de pouvoir, un détournement de mission des forces de sécurité et une atteinte à l’État de droit.
Dans cette affaire, le président de l’ACVDP a noté quelques éléments positifs, notamment l’ouverture rapide d’une enquête, la saisine de la justice, la poursuite des audiences publiques et l’intérêt manifesté par les autorités judiciaires.
« Cependant, nous exprimons des préoccupations liées au risque d’influence dû à la notoriété de certaines personnes impliquées, à la nécessité de protéger la victime et les témoins, à l’obligation de poursuivre tous les auteurs quel que soit leur statut et à la nécessité d’assurer la transparence de la procédure », a-t-il conclu. ACP/B/M

