Kinshasa, 18 juin 2026 (ACP)– La mise en accusation du Président de la République démocratique du Congo (RDC), pour haute trahison ne tient pas debout, a indiqué jeudi, un juriste, en réaction à l’opposition après l’adoption de la loi sur le référendum par le Parlement congolais.
« Les institutions de la République sont énumérées à l’article 68 de la Constitution , parmi lesquelles figure également le parlement dont la mission est prévue à l’article 100 de la même Constitution , qui est de voter les lois et de contrôler le gouvernement , les entreprises publiques ainsi que les établissements et services publics (…) Solliciter la mise en accusation du Président de la République pour haute trahison pour le fait qu’une loi soit adoptée , cela ne tient pas debout , puisque la responsabilité d’adopter une loi revient exclusivement au parlement » , a déclaré Paul Odimba , juriste .
« L’opposition ne doit pas confondre le serment du Président de la République avec la mission régalienne du parlement , la loi sur le référendum n’a pas été une demande du président aux parlementaires pour être voter , mais relève de leur action tel que stipulait dans l’article 100 alinéa 2 et l’article 5 alinéa 4 de la Constitution » ,a-t-il ajouté.
M.Odimba a fait savoir que la loi fondamentale n’a pas limité les matières pouvant faire l’objet du référendum , avant d’expliquer que cette même Constitution prévoit deux expressions du peuple , dont d’une part , un peuple sans limitation de matière aux alinéas 1 et 3 de l’article 5 disant d’autre part , qu’on fait aussi face à un peuple limité en matière de révision constitutionnelle à l’article 218 alinéa 1er dans son point 4, martelant sur le fait que personne n’a le droit d’interdire au peuple non limité quant à la matière de revenir sur ce qu’il a lui-même prévu .
« Après l’adoption par le parlement, le Président de la République promulgue conformément aux articles 136, 137 et 140 de la Constitution. Dès que la loi sera promulguée conformément à l’article 140 de la Constitution, le Président en tant que garant du bon fonctionnement des institutions conformément à l’article 69 de la constitution, pourra, s’il estime nécessaire, convoquer un référendum sur une question d’intérêt supérieur de la nation », a-t-il renchéri.
Par ailleurs, Me. Odimba à appeler la population à se méfier de la désinformation de l’opposition.
« Le référendum est un vote par lequel le peuple répond par oui ou non. Ainsi, si l’opposition souhaite faire échec à cette initiative, elle n’a qu’à choisir le non. Que la population cesse de se laisser emporter par l’opposition qui lui vend le vent de la désinformation », a-t-il conclu.
ACP/M N

