RDC : la peine de mort requise contre un militaire présumé meurtrier d’un Nigérian

Kinshasa, 15 juillet 2026 (ACP).- La peine de mort a été requise mercredi, par le magistrat du parquet, contre un militaire de Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), présumé meurtrier d’un ressortissant Nigérian, poursuivi pour abandon de poste et meurtre, lors d’une audience du Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe siégeant en audience foraine au terrain municipal d’Assossa, dans la commune de Kasa-Vubu.

«Dire établis les faits mis à charge du prévenu adjudant Asonge Mutangala Henock et de le déclarer coupable des infractions d’abandon de poste et de meurtre ; de le condamner, contradictoirement et sans admission des circonstances atténuantes, à cinq ans de servitude pénale pour abandon de poste et à la peine de mort pour meurtre ; en application de l’article 7 du Code pénal militaire, prononcer une peine unique, la plus forte, soit la peine de mort ; de mettre les frais d’instance à charge du Trésor public ; enfin, de recevoir l’action civile, la déclarer fondée et condamner le prévenu au paiement des dommages et intérêts au bénéfice de la partie civile», a requis le sous-lieutenant magistrat Ghislain Lisalama, ministère public.

La partie civile a abondé dans le même sens en sollicitant la condamnation du prévenu ainsi que le paiement de cinq millions de dollars américains à titre de dommages et intérêts au profit de la famille de la victime et de cinq autres millions de dollars au profit de la République démocratique du Congo.

«Votre tribunal dira établie l’infraction de meurtre, comme l’a reconnu le ministère public. Nous demandons que vous puissiez condamner solidairement le prévenu au paiement de cinq millions de dollars américains ainsi que cinq millions de dollars américains à la République démocratique du Congo», a plaidé l’avocat de la partie civile.De son côté, la défense a demandé au tribunal d’écarter l’infraction d’abandon de poste, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas de retenir cette prévention.

«Vous ne pouvez pas prendre en compte l’infraction d’abandon de poste parce que, selon les faits tels qu’établis, il n’y a pas eu d’abandon. Le prévenu n’était plus en poste. Il dit avoir été appelé et c’est en cours de route qu’il s’est rappelé qu’il n’avait pas effectué sa mesure de sécurité. L’arme n’a pas été pointée sur quelqu’un», a soutenu le défenseur judiciaire.

Au cours de l’instruction, le colonel Minimbu, commandant du camp PM Mikonga, entendu comme renseignant, a rejeté l’authenticité du bulletin de service versé au dossier.

«Je ne connais pas ce bulletin. Il contient d’ailleurs plusieurs irrégularités, notamment dans sa date de validité. Lorsque je suis empêché, je demande à mon second de signer “P.O.”, mais pour ce document, je ne reconnais pas avoir donné mon accord», a-t-il déclaré devant le tribunal.

Appelé également comme renseignant, le major Zamerba, commandant en second du camp PM Mikonga, a reconnu avoir signé le bulletin de service de l’adjudant Henoch Asonge Mutangala, prévenu c tout en affirmant avoir agi sur instruction de son supérieur.

«Je reconnais que le bulletin contient des irrégularités parce que ce jour-là le secrétariat n’avait pas fonctionné. Mais pour la signature, j’ai reçu l’ordre de mon chef de signer “P.O.”», a-t-il déclaré.Henoch Asonge Mutangala est poursuivi pour avoir, le 20 juin 2026, quitté sans motif valable son poste de garde situé au n° 52 de l’avenue Ikelemba, à la Direction Shaba Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu.

Selon le magistrat du parquet, il aurait ensuite été retrouvé au n° 48 de la même avenue où il est accusé d’avoir fait usage de son arme de service, un fusil AK-47, atteignant mortellement Okoli Hobina Kelvin, ressortissant nigérian.En application de l’article 73, le Tribunal militaire a retenu le défaut de la République démocratique du Congo, régulièrement citée à comparaître mais absente à l’audience.

«Le tribunal retient, en application de l’article 73, le défaut de la République démocratique du Congo qui ne comparaît pas à l’audience de ce jour pourtant régulièrement citée», a déclaré le président.

À l’issue des plaidoiries, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a pris l’affaire en délibéré et fixé le prononcé de son jugement au 22 juillet 2026. ACP/ Yvette Ditshima

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