RDC : la répression des terroristes à l’épreuve des droits fondamentaux, objet d’une réflexion

Kinshasa, 13 janvier 2026 (ACP).– La nécessité de concilier l’efficacité de la répression contre les terroristes ADF-NALU et la protection des droits intangibles des citoyens ont fait l’objet d’une réflexion scientifique approfondie, mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC), lors d’une soutenance de mémoire en droit public à l’Université des Martyrs du Congo.

« Dans notre réflexion sur ‘’La répression du terrorisme international face aux défis des droits du noyau dur dans l’Est de la RDC : cas des ADF-NALU’’, il a été question d’analyser les défis juridiques posés par ce groupe armé affilié à l’État islamique »,  a déclaré Espoir Kaseluka, apprenant lors de cette cérémonie de soutenance organisée par l’Université des Martyrs du Congo (Unim -RDC) et l’Université de Ngaoundéré du Cameroun.

Il a indiqué que  depuis plus de deux décennies, la partie orientale de la RDC est en proie à une insécurité chronique, causée en grande partie par des activités terroristes, perpétrées par des groupes armés non étatiques, parmi lesquels se trouvent les ADF-NALU, affiliés à l’État Islamique, précisant que « la répression des activités de tels groupes doit allier l’exigence de garantir une des fonctions régaliennes de tout État souverain, c’est-à-dire le respect de droits de l’homme ».

Espoir Kuseluka a, par ailleurs relevé que le recours à des régimes juridiques d’exception, tels que l’état de siège en vigueur dans la partie orientale du pays, entraîne généralement une restriction des libertés publiques fondamentales.

Ce travail de recherche s’est proposé de problématiser les défis posés par la répression du terrorisme international dans un contexte de guerre asymétrique tout en analysant les limites et responsabilités juridiques de l’État congolais et des acteurs internationaux face aux violations des droits intangibles, a soutenu cet apprenant de l’Université des Martyrs du Congo. Et de poursuivre « La répression contre les groupes terroristes ne doit en aucun cas justifier une mise entre parenthèses des garanties fondamentales », a-t-il affirmé.

Le rôle de la justice internationale

L’analyse scientifique s’est également penchée sur le cadre juridictionnel effectif permettant de sanctionner les auteurs de ces crimes.

Bien que le terrorisme ne soit pas explicitement inscrit comme crime autonome dans le Statut de Rome, l’auteur soutient que les exactions systématiques commises à Beni, Irumu ou en Ituri peuvent être qualifiées de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, relevant ainsi de la compétence de la Cour Pénale Internationale (CPI).

L’étude a  aussi démontré que la lutte mondiale contre le terrorisme, malgré son objectif légitime de maintenir la paix et la sécurité internationale, a rencontré progressivement un dilemme essentiel : celui qui trouve un équilibre entre les impératifs de sécurité et le respect des droits fondamentaux de l’individu. Le récipiendaire a plaidé enfin pour un renforcement de la coopération judiciaire internationale et une fidélité aux valeurs de l’État de droit.

« La véritable efficacité de la répression du terrorisme ne réside pas uniquement dans la rigueur des sanctions, mais dans la fidélité aux valeurs universelles de justice, de dignité et d’humanité », a-t-il conclu. ACP/C.L.

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