(Par Gaby Matondo)
Kinshasa, 1er août 2024 (ACP).- La justice dans sa mission de défendre les personnes vulnérables en vue de rétablir l’ordre public, constitue le dernier rempart pour toute personne victime d’une infraction. Cependant, dans la pratique, pour le cas des infractions des Violences basées sur le genre (VGB), il s’observe de plus en plus le recours des justiciables et leurs familles au règlement à l’amiable de cette infraction en vue d’échapper à la justice.
Cette pratique constitue une remise en cause de la mission de la justice à travers des lois qui répriment les Violences basées sur le genre. Selon un juriste contacté par l’ACP qui a requis l’anonymat, les causes qui poussent les victimes des Violences sexuelles basées sur le genre à recourir au règlement à l’amiable sont : l’ignorance de la loi, la recherche d’un avantage financier négocié rapidement en vue de compenser la perte subie à la suite des actes de Violences basées sur le genre en lieu et place d’une procédure judiciaire élastique, des contraintes coutumieres qui privilégient le règlement pacifique des conflits en vue de préserver la paix , la concorde et les bons rapports inter- familiaux au sein des communautés. Il y a également la culture du pardon fortement ancrée dans les communautés, de plus en plus tournées vers la croyance en Dieu qui prône le pardon et la rétribution divine face au mal.
En outre, il y a dans l’opinion, une certaine interprétation des choses selon laquelle des personnes censées dire correctement le droit pour sanctionner sévèrement les auteurs de ce genre d’actes répréhensibles, se montrent complaisantes.
Vu sous cet angle, les tenants de cette thèse soutiennent qu’au lieu de réparer la faute, en infligeant les peines prévues par la loi, des acteurs judiciaires véreux se montrent fantaisistes jusqu’à mettre à l’abri de celles – ci, lesdits auteurs, ou à jouer aux manœuvres dilatoires pour faire fatiguer les plaignants.
Devant ces aléas de la justice, le règlement à l’amiable apparaît pour certains justiciables comme une voie la mieux indiquée, un vrai remède, car, disent-ils, « Mieux vaut un arrangement à l’amiable entre familles qu’un long procès à l’issue incertaine ». Il existe donc entre les justiciables et les acteurs judiciaires une crise de confiance à restaurer impérativement, due aux différents facteurs sus évoqués. Ce manque de confiance de la part des victimes des violences basées sur le genre en la justice est en partie à la base de la pérennisation de ce fléau au sein des communautés. Pourtant, un regard attentif suffit pour se rendre compte de la perception déshonneur, rejet ou de la stigmatisation que se font des familles africaines vis-à-vis d’une fille victime de Violence basée sur le genre. Pour échapper, à l’opprobre de la société, plusieurs filles ou familles victimes de cette immoralité devenue monnaie courante préfèrent se taire. Elles optent donc pour la voie du silence, avec tout ce que cela comporte comme conséquence au niveau psychique et psychologue.
Entre temps, la résolution à l’amiable de cette question qui préoccupe plus d’une personne dans nos communautés fait son bonhomme de chemin. Cependant, tout n’est pas encore perdu. Il suffit que notre peuple reprenne confiance en sa justice sur base de la nouvelle façon de dire équitablement le droit au niveau de tous les Cours et tribunaux, dans un état voulu de droit, tel que les veulent les autorités congolaises pour que la tendance soit renversée. Toutes les dispositions légales étant en place, il ne suffit que de les appliquer fidèlement et sans partie pris pour que tout aille pour le mieux dans ce domaine. ACP/

