Kinshasa, 14 octobre 2026, (ACP).—La cartographie des sources de revenus a été recommandée mardi à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC) par les professionnels des médias dans l’avant-projet de la « Charte médiatique en Afrique », lors du Forum international des médias en Afrique, organisé du 12 au 13 octobre, a appris l’ACP mercredi des organisateurs.
« L’avant-projet de la charte préconise la cartographie des sources de revenus notamment par les publicités, les ventes au numéro, abonnements et monétisations, mais aussi la diversification des partenariats en tant que media par les échanges avec des organisations ou structures de collaboration », a indiqué Timo Roujean, Représentant résident de Konrad Adenauer Stiftung (KAS), lors de la lecture du document d’adoption de l’avant-projet de la Charte médiatique en Afrique.
Selon lui, ce document d’orientation vise à reconquérir la souveraineté d’information du continent face à l’émergence des plateformes numériques et aux contraintes économiques.
Outre la cartographie des sources, l’avant-projet de Charte a préconisé une série de réformes structurelles pour remédier à la fragilité financière qui caractérise de nombreux organes de presse.
Il s’agit notamment de l’établissement d’un contrat de travail pour sécuriser les conditions de travail, l’accompagnement d’un conseil d’administration ayant dans son sein une expertise médiatique et économique, l’instauration d’un cadre rigoureux de gestion financière comprenant des audits certifiés et la présentation régulière de bilans.
Par ailleurs, les participants aux assises ont également sollicité un soutien de l’Etat à travers des incitations fiscales ciblées, notamment l’exonération de certaines taxes sur l’importation et l’acquisition du matériel de production médiatique.
Les médias dépendent essentiellement de la publicité (Le ministre des médias)
Présent à la clôture de ces assises, Patrick Muyaya, ministre de la communication et médias a affirmé que la viabilité économique de médias, relève d’un sujet difficile à atteindre car les médias vivent essentiellement de la publicité.
« La viabilité économique des médias est un sujet très compliqué à atteindre, même si nous devons y travailler. Pourquoi ? Parce que les médias vivent essentiellement de la publicité », a-t-il dit.
Il a par ailleurs indiqué que les médias étant en premier lieu des entreprises commerciales, les défis de la viabilité économique des médias est un défi collectif.
Face à l’émergence de plateformes numériques, les médias classiques sont appelés à s’adapter.
« Aujourd’hui, avec l’émergence des réseaux sociaux, ou des influenceurs, certaines entreprises ne ressentent pas forcément le même besoin d’aller chez les médias classiques, comme c’était le cas à l’époque. Mais malheureusement, s’il n’y a pas beaucoup d’annonceurs, les médias ne produisent pas des ressources qui leur permettent non seulement de payer les journalistes, mais aussi d’adapter pour un métier qui est en constante évolution », a lancé le ministre.
Le ministre a rappelé que le rôle d’un journaliste est de confirmer l’authenticité d’une information et s’adapter en fonction de l’évolution du temps.
ACP/K.

