RDC : la création des millionnaires congolais, un impératif pour renforcer l’économie nationale

Kinshasa, 25 août 2026 (ACP).- La création des millionnaires en République démocratique du Congo (RDC) a été considérée mardi à l’ACP, par une avocate, comme un impératif visant à contribuer à l’émergence d’une classe moyenne d’investisseurs et entrepreneurs, ainsi qu’à renforcer l’économie nationale.

« Créer des millionnaires congolais est un impératif qui peut contribuer à l’émergence d’une classe d’investisseurs et d’entrepreneurs capables de devenir des acteurs majeurs de l’économie nationale », a déclaré Magalie Kisansa, avocate de profession.

Dans sa réflexion consacrée à la nécessité de « créer des millionnaires congolais », elle a reconnu l’importance des capitaux étrangers pour le développement de la RDC, tout en soulignant la nécessité de permettre aux citoyens congolais de prendre une place plus importante dans la création et la détention des richesses nationales.

« La RDC a besoin des investisseurs étrangers, mais elle doit également veiller à ce que ses propres citoyens deviennent des acteurs majeurs de leur économie », a-t-elle dit.

Des initiatives à saluer

Selon son analyse, plusieurs mécanismes mis en place ou renforcés sous le Président Félix Antoine Tshisekedi constituent des avancées dans l’accompagnement de l’entrepreneuriat congolais.

Il s’agit notamment de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec), du Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (Fogec), de l’implication du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) dans le financement des entrepreneurs, ainsi que des programmes destinés à favoriser l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, à l’instar de « Debout Jeunes Congolais ».

Ces initiatives, a indiqué Me Kisansa, « sont importantes et méritent d’être saluées ».

Pour Mme Kisansa, l’émergence d’une véritable classe d’entrepreneurs fortunés ne saurait reposer uniquement sur les formations, les incubateurs ou les petites subventions, avant de préconiser la facilitation de l’accès des Congolais au capital, au crédit à long terme à des taux raisonnables, aux marchés publics et privés, au secteur foncier ainsi qu’aux grands contrats et secteurs à forte valeur ajoutée.

Me Kisansa a, en outre, relevé que dans plusieurs domaines, notamment les mines, le pétrole, les banques, les télécommunications, l’immobilier et le commerce, les capitaux étrangers occupent encore une place considérable.

Le secteur immobilier à Kinshasa constitue, pour elle, un exemple de cette problématique, avec le prix des terrains, maisons et appartements parfois difficilement compatibles avec le pouvoir d’achat d’une grande partie de la population.

Appel à des politiques de promotion de l’entrepreneuriat

Par ailleurs, l’avocate a appelé les autorités à aller plus loin dans les politiques publiques de promotion de l’entrepreneuriat national pour palier à ce problème.

Elle a recommandé, notamment de faciliter l’accès au crédit avec des taux d’intérêt compatibles avec l’activité économique, d’allonger les délais de remboursement et d’instaurer, lorsque cela s’avère nécessaire, des périodes de grâce adaptées aux réalités des entreprises.

Magalie Kisansa a, en outre, proposé de faciliter l’accès des entreprises congolaises aux marchés publics et aux grands contrats, tout en renforçant un cadre légal consacrant une véritable préférence nationale dans certains secteurs stratégiques.

Des entrepreneurs producteurs de richesses

Pour Me Magalie Kisansa, la RDC ne doit pas fermer ses portes aux investisseurs étrangers.

« Le pays a besoin de capitaux, de technologies, d’expertise et de partenariats internationaux pour accélérer son développement », a-t-elle dit, estimant que les investissements étrangers devraient contribuer à faire grandir l’économie congolaise et les entrepreneurs locaux, plutôt que de maintenir ces derniers dans une situation de dépendance permanente.

L’objectif, selon elle, doit être d’accompagner les petites et moyennes entreprises dans leur transition de l’informel vers la formalisation, puis de la petite entreprise vers la grande entreprise.

« Si nous voulons véritablement voir émerger des millionnaires congolais, il faut créer les conditions qui leur permettent de devenir propriétaires de leur économie, et pas seulement bénéficiaires occasionnels de programmes publics », a-t-elle soutenu.

Faire des Congolais, des bâtisseurs de leur économie

Me Kisansa a, à cette occasion, expliqué que l’ambition de créer des millionnaires congolais ne devrait pas rester un simple slogan, mais devenir une orientation économique favorisant l’émergence d’investisseurs, d’industriels, de propriétaires et d’employeurs congolais.

« Le véritable défi n’est pas seulement d’attirer les investisseurs étrangers, mais également de faire émerger suffisamment d’investisseurs nationaux pour que les Congolais ne soient plus uniquement employés, sous-traitants ou consommateurs de leur propre économie, mais qu’ils en deviennent aussi les principaux bâtisseurs et propriétaires », a-t-elle conclu.  

ACP/K

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