Commandant Léon Mbo Izampango, symbole de l’identité aéronautique en RDC

Kinshasa, 11 septembre 2026 (ACP).- La mémoire de feu le colonel Léon Mbo Izampango  a été évoquée vendredi à Kinshasa par un Pilote à la retraite, lors d’échange avec l’ACP démontrant qu’il est une figure emblématique de l’aviation militaire congolaise pour avoir franchi le mur du son aux commandes d’un avion de chasse.

« Léon Mbo Izampango n’était pas seulement un pilote de chasse. Par son parcours, il représente une génération de congolais qui ont démontré que notre pays était capable de former des hommes de haut niveau dans des domaines aussi exigeants que l’aviation supersonique », a déclaré le commandant Raphaël Mulabila.

« Franchir le mur du son aux commandes d’un avion de chasse comme Mirage français, ce n’est pas donné à tout le monde », a-t-il ajouté.

Selon ce pilote à la retraite, cet exploit dépasse le seul cadre de la performance militaire pour s’inscrire dans l’histoire scientifique, technique et culturelle de la République démocratique du Congo.

 Il constitue un élément de mémoire susceptible de contribuer à la construction d’une véritable identité aéronautique nationale.

« L’aviation ne doit pas être présentée uniquement comme une prouesse technique ou militaire, mais aussi comme un patrimoine immatériel, porteur de mémoire, de symboles, de savoir-faire et de fierté nationale », a indiqué le Commandant Mulabila.

Né en 1948 à Kinshasa, Léon Mbo Izampango s’est engagé dans l’armée particulièrement dans l’aviation après ses études secondaires.

Sa formation aéronautique, notamment en Italie, lui a permis d’acquérir les compétences nécessaires pour intégrer l’élite des pilotes de la Force aérienne zaïroise à l’époque.

Son parcours va le  conduire à piloter plusieurs appareils avant d’accéder aux avions de chasse supersoniques.

 Sa formation spécialisée sur Mirage en France constitue une étape déterminante qui lui permettra de réaliser l’exploit qui marquera durablement son nom dans l’histoire de l’aviation congolaise : « franchir le mur du son aux commandes d’un Mirage« .

Pour le commandant Mulabila, cette performance doit aujourd’hui être considérée comme une composante du patrimoine national.

« L’aviation congolaise a aussi son histoire, ses héros, ses symboles, ses techniques et ses récits. Tout cela fait partie de notre identité. Il faut documenter cette mémoire, la transmettre et la valoriser comme nous le faisons pour la musique, la littérature, les arts et les autres expressions de notre patrimoine culturel », a-t-il souligné.

« Cette vision élargit la notion de culture nationale. L’identité culturelle d’un pays ne se limite pas aux arts traditionnels, à la musique, à la danse ou aux langues », a encore dit le Commandant Mulabila.

Elle se construit également à travers les grandes réalisations scientifiques et techniques de ses fils et filles, les métiers d’excellence, les savoir-faire professionnels ainsi que les récits qui témoignent de la capacité d’une nation à relever les défis de son époque.

Dans cette perspective, l’histoire de l’aviation congolaise est appelée à constituer un véritable champ de recherche et de valorisation culturelle.

 Les anciens appareils, les uniformes, les insignes, les photographies, les carnets de vol, les témoignages des pilotes et mécaniciens, les archives des bases aériennes ainsi que les récits liés aux grandes figures de l’aviation pourraient être rassemblés et conservés pour les générations futures.

Le parcours du colonel Mbo Izampango illustre également le lien entre technique, discipline, art du pilotage et identité nationale.

Piloter un avion de chasse à très haute vitesse ne relève pas seulement de la maîtrise mécanique ; cela suppose aussi une perception fine de l’espace, une connaissance du ciel et du territoire, une précision gestuelle et une capacité à prendre des décisions dans des conditions extrêmes.

À ce titre, l’aviation peut également être considérée comme une forme d’expression du génie humain, au même titre que certaines disciplines artistiques et scientifiques.

« Le pilote transforme la technologie en mouvement et fait du ciel un nouvel espace de découverte du territoire national », selon M. Mulabila.

Pour la République démocratique du Congo, pays aux dimensions continentales et aux paysages extrêmement diversifiés, cet aspect revêt une importance particulière.

La connaissance aérienne du territoire permet de découvrir autrement les forêts, les cours d’eau, les montagnes, les villes et les vastes espaces ruraux qui composent le pays.

« La mémoire de Léon Mbo Izampango pourrait ainsi servir de point de départ à une réflexion plus large sur la nécessité de faire entrer l’histoire de l’aviation congolaise dans le patrimoine culturel et éducatif national », a-t-il dit.

Le commandant Raphaël Mulabila estime qu’une telle démarche permettra de rapprocher les jeunes Congolais des métiers de l’aviation et de leur montrer que l’excellence scientifique et technique fait également partie de l’histoire du pays.

Le colonel Léon Mbo Izampango demeure dès lors non seulement le premier pilote congolais à avoir franchi le mur du son sur Mirage, mais aussi un symbole de la capacité congolaise à conquérir les espaces technologiques, scientifiques et aériens, faisant de son parcours un héritage à préserver dans la mémoire nationale.

ACP/K

Fil d'actualités

Sur le même sujet