Dérives d’églises de réveil dénoncées dans une chanson inspirée de la rhétorique mobutiste

Kinshasa, 13 août 2026 (ACP).- Les dérives de certaines églises de réveil ont été dénoncées dans la chanson ‘‘Alléluia’’, récemment mise en ligne par l’artiste Desouza Santu, inspirée de la rhétorique de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Mobutu, d’après une chanson auditionnée par l’ACP jeudi.

« Citoyennes et citoyens, les églises de Réveil ne cesseront de nous étonner dans notre pays. Vous les entendrez, certaines, en longueur de journées chanter Jésus est ici, d’autres Jésus est en train de revenir. Sincèrement, Jésus-Christ en question serait vraiment où ? », a-t-on auditionné dans le morceau, relayant les propos d’un discours historique de feu Joseph Mobutu, ancien président du pays.

Feu le Maréchal Joseph Mobutu (Photo d’archives)

Dans cette œuvre d’environ dix minutes, le chanteur porte également un regard critique sur certaines pratiques qu’il estime déplacées au sein des communautés religieuses.

« Certains faux oints exigent aux femmes d’autrui de les appeler “daddy”. D’autres abandonnent leurs maris à la maison pour se précipiter aux programmes de l’église sans leur consentement. D’autres encore vont jusqu’à laver les femmes d’autrui », a-t-il dénoncé.

Poursuivant sa critique, le chanteur a évoqué l’évolution du paysage religieux en République démocratique du Congo, estimant que certains voyants autrefois visibles dans les rues pour prédire l’avenir, se retrouvent aujourd’hui dans les églises en qualité de prophètes.

Dans le même élan, Desouza Santu a appelé les responsables religieux à traiter les fidèles sur un pied d’égalité, sans distinction liée à leur situation financière.

« Dieu ne fait acception de personnes et chacun donne selon ses moyens », rappelle-t-il, s’opposant ainsi à une différenciation des fidèles fondée sur l’importance de leurs offrandes.

Sur le plan musical, ‘‘Alléluia’’ revisite le style de l’orchestre OK Jazz, en associant rythme nostalgique et satire sociale. À travers cette œuvre, l’artiste entend notamment susciter une réflexion sur certaines pratiques observées dans le milieu religieux congolais.

ACP/ STJ(sp)/BA

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