Kinshasa : ouverture officielle de la première édition du festival des langues maternelles

Kinshasa, 23 juillet 2026 (ACP).- La première édition du Festival des langues maternelles, diplomatie et agricole placée sous le thème « Produire pour le marché: normes, certification et traçabilités au service des filières agricoles », a été ouverte mercredi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

‎« C’est une immense joie, une profonde gratitude et avec beaucoup d’espoir que nous vous accueillons aujourd’hui à la première édition du Festival des Langues Maternelles et Diplomatie Agricole. Votre présence parmi nous témoigne de l’intérêt que vous portez à deux richesses essentielles de notre pays : ses langues et son agriculture », a déclaré Yolande Longo, coordonnatrice du Réseau National des Agriculteurs Congolais (Nsunga ya Congo).

‎« Ce  festival est une invitation à repenser notre manière d’aborder l’agriculture. Pendant longtemps, nous avons considéré la production comme une fin en soi. Aujourd’hui, nous savons que produire ne suffit plus. Le véritable défi consiste à organiser les acteurs, à renforcer les compétences, à améliorer la qualité, à transformer localement, à créer de la valeur ajoutée et à accéder à des marchés plus structurés », a-t-elle ajouté.

‎Elle a souligné la nécessité de transformer l’agriculture congolaise en renforçant les chaînes de valeur, la qualité des productions, la transformation locale et l’accès aux marchés.

‎« C’est pourquoi cette première édition met en lumière six filières stratégiques que notre pays regorge : la filière maïs, filière manioc, filière riz, filière soja, filière avicole et filière piscicole. Ces filières ont été choisies parce qu’elles présentent des enjeux majeurs : la sécurité alimentaire, la création d’emplois, la réduction des importations, le développement de l’entrepreneuriat local et la croissance économique », a précisé la coordonnatrice du Réseau National des Agriculteurs Congolais.

‎Présent à cet événement, Léandre Miema, délégué général adjoint de la Francophonie, a  expliqué  que les langues nationales ne représentent pas seulement un héritage culturel, mais également un outil essentiel de diffusion des savoirs agricoles et de promotion de la diplomatie économique.

‎« À l’heure où l’intelligence artificielle transforme nos sociétés, nous devons veiller à ce qu’elle comprenne nos langues, nos territoires et nos réalités », a-t-il soutenu.

‎Selon lui, l’intégration des langues nationales dans les technologies émergentes constitue un enjeu majeur afin d’éviter que les innovations numériques ne marginalisent les réalités locales.

‎« La Francophonie doit créer des avantages pour les peuples et transformer la diversité linguistique en opportunité », a-t-il renchéri.

‎Il a, par ailleurs, indiqué que la coopération francophone doit être davantage orientée vers les citoyens, en valorisant les langues nationales dans l’éducation, la recherche, l’innovation et les politiques publiques.

‎À travers cet appel, l’intervenant a exhorté la jeunesse congolaise à promouvoir les langues maternelles dans les startups, la recherche scientifique, l’intelligence artificielle et les métiers d’avenir.

Le délégué général adjoint a également salué l’engagement du ministère en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, du Musée national de la RDC ainsi que des partenaires ayant contribué à l’organisation de cette première édition du Festival des langues maternelles de la Francophonie agricole.

‎Cette rencontre de trois jours, soit du 22 au 24 juillet, vise à promouvoir les langues nationales comme facteurs de développement, de diplomatie agricole et d’innovation, en cohérence avec la vision présidentielle de la revanche du sol sur le sous-sol.

‎Le festival met ainsi en avant six filières stratégiques notamment, le maïs, le manioc, le riz, le soja, l’aviculture et la pisciculture, considérées comme prioritaires pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la réduction des importations. ACP/O/LZN

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