Kôngo Kultur explore l’histoire partagée entre peuples Kongo et diasporas issues de l’esclavage

Kinshasa, 1er octobre 2025 (ACP).-Les liens historiques et culturels entre les peuples Kongo et les communautés issues de la traite transatlantique de l’espace Kongo d’Afrique centrale ont été explorés  dans le nouveau numéro double de la revue « Kôngo Kultur », a appris l’ACP, mercredi, à Kinshasa, capitale  de la République démocratique du Congo, de l’équipe éditoriale.

«Ce numéro double de Kôngo Kultur porte un titre très signifiant  Kongo dans le monde atlantique XVIème-XIXème Siècles. Esclavage, Diasporas et Résilience. En kikongo, il aurait pu s’intituler  « Kyámvu kia Kalunga » (Pont sur l’Atlantique). Kalunga, cette étendue d’eau, est perçue par les Kongo comme un continuum du Nzadi Muanza ou Nzadi ya Kongo (Fleuve Congo). Dans l’imaginaire Kongo, ce monde qui s’étend de part et d’autre des lointains rivages de Kalunga ne constitue plus aujourd’hui qu’un seul et même espace vital à fortifier», a expliqué Mawawa Mawa-Kiese, éditeur de la revue  » Kongo kultur »

«Ici, le Kyámvu n’est qu’une évidence comme le souligne Marcos Leitão d’Almeida dans sa préface,  la présence des Kongo dans la formation du monde Atlantique, c’est-à-dire cet espace maritime qui, reliant différents continents comme s’il s’agissait de rives, ressemblerait à un fleuve », a-t-il ajouté

Il a précisé que ce numéro a réussi grâce à la diversité de ses contributeurs à rassembler des voix venues des deux rives de l’Atlantique.

«Le Brésil, le Vénézuela, la Guadeloupe, la Martinique et les États Unis d’Amérique d’une part, puis la Belgique, la France, le Cameroun, la République du Congo, la République démocratique du Congo et l’Angola d’autre part. Jean De Dieu N’sondé,  illustre toute la dimension unique du monde kôngo, intégré très tôt dans ce vaste complexe esclavagiste aux multiples circuits commerciaux et acteurs, qui a mis en relation d’innombrables communautés, lieux, régions et pays pendant environ 400 ans. » a précisé Mawawa Mawa-Kiese.

Il a souligné que «ce qui conforte Marcos Leitão d’Almeida dans sa thèse que Le Kongo fut et est également une communauté de pratique possédant sa propre historicité, résonnant avec ce que Jan Vansina a nommé « La Tradition équatoriale  » Les peuples du Bas-Congo, locuteurs des langues du groupe Kongo, partagent un socle commun d’histoire et de visions du monde, mais cela n’a jamais entravé la créativité et l’innovation»

Aux onze articles qui structurent le livre, s’ajoutent à ce numéro trois thématiques que sont  le compte rendu du Festikongo 2025 par Avelino Zolana ; l’hommage à Nzongo Soul par Denis Samba ; et enfin le livre des livres par José Macédo sur « O Legado Bantu no Brasil reconsiderado.

ACP/UKB

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