Les conséquences sociales du lévirat traditionnel au Katanga analysés par un historien

Kinshasa, 1er octobre 2025 (ACP).- Les conséquences culturelles et sociales du rituel traditionnel katangais du lévirat, désormais interdit par la loi congolaise, ont été examinées dans un récit signé par Félix Kiluya, spécialiste de l’histoire contemporaine du Katanga, une région du sud-est de la République démocratique du Congo, selon l’auteur contacté, mercredi, par l’ACP.

« Dans ce récit, la coutume ancestrale du lévirat qui obligeait un proche parent, souvent le frère du défunt, à épouser la veuve afin de maintenir la lignée, protéger les enfants et conserver les biens dans le clan devient, pour Kabala, le personnage principal, un véritable fardeau, une contrainte sociale camouflée », a expliqué Félix Kiluya, spécialiste de l’histoire contemporaine du Katanga.

À travers ce récit centré sur l’interrogation « Quand le deuil devient-il une contrainte ? », l’auteur invite à honorer les ancêtres tout en préservant la culture de la sélection propre aux traditions ancestrales.

« La tradition peut porter de belles valeurs (solidarité, mémoire, protection), mais quand elle s’impose par la contrainte, elle blesse. Dans le Katanga moderne, nous devons honorer nos ancêtres sans écraser la liberté individuelle. Le rite léviral ne doit plus être un poids, mais un choix éclairé», a-t-il soutenu.

Félix Kiluya invite la société katangaise, dans ce récit, à repenser la place du consentement dans les pratiques ancestrales.

« Aujourd’hui, la loi congolaise interdit formellement le lévirat et le sororat forcés, affirmant que le consentement est une condition essentielle», a-t-il rappelé.

Dans sa narration, l’historien Félix Kiluya a  évoqué une situation emblématique du Grand Katanga : « celle de Kabala, un homme confronté au poids d’une tradition séculaire. Il vivait avec Mujinga, une épouse aimante, dans un foyer paisible avec enfants et champs. Mais à la suite du décès brutal de Mujinga, Kabala fut convoqué par les anciens du clan de la défunte».

« Ces derniers lui rappelèrent la coutume du lévirat, selon laquelle un parent proche du défunt devait épouser la veuve ou dans ce cas, un membre de la famille de la femme décédée. Face à cette injonction, Kabala sentit une pression immense : on lui proposait un choix  qui n’en était pas vraiment un. Refuser signifiait risquer de perdre ses terres, ses enfants, et d’être exclu socialement», a explicité l’historien.

En ce qui concerne la carte sociale actuelle de l’espace katangais par rapport à son récit, Félix Kiluya a fait savoir qu’ «aujourd’hui le Katanga  est en mutation. Le respect du consentement, désormais exigé par la loi congolaise qui interdit le lévirat forcé, devient un principe central».

Le lévirat et le sororat forcés sont désormais punis en RDC. Le législateur a inséré dans le Code pénal, l’article 174, les alinéas R, S et T sanctionnant ces pratiques.

ACP/UKB

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