Kinshasa, 28 juin 2026 (ACP).- La maîtrise de l’émotion constitue l’un des fondements essentiels de la création artistique, car une œuvre d’art ne résulte pas d’une simple expression spontanée des sentiments, mais d’un travail de transformation et de réflexion, a soutenu un critique d’art dans une analyse parvenue dimanche à l’ACP.
« L’art ne se réduit pas à une simple explosion d’émotions. Il naît véritablement lorsque l’artiste transforme ses sentiments en une œuvre réfléchie, capable de susciter une expérience esthétique universelle. Une émotion brute relève davantage de l’instinct, tandis qu’une émotion maîtrisée devient une matière créatrice », a expliqué John Bongenya, analyste culturel.
Selon lui, cette approche rejoint les réflexions de Clive Bell, qui accordait une importance primordiale à la « forme signifiante », ainsi que celles de Wassily Kandinsky, pour qui l’émotion intérieure devait être structurée et disciplinée par le langage des formes et des couleurs.
Abordant la question de la finalité de l’art, John Bongenya rappelle que l’idée selon laquelle « quand l’art a une finalité, il n’est plus de l’art » s’inscrit dans la pensée de Théophile Gautier et du courant de l’« art pour l’art », qui défend l’autonomie de la création artistique face aux considérations politiques, religieuses ou utilitaires.
Toutefois, le critique estime que cette conception ne fait pas l’unanimité. Il cite notamment Pablo Picasso et Freddy Tsimba, dont les œuvres démontrent qu’une création artistique peut porter un message social tout en conservant une grande valeur esthétique.
Pour John Bongenya, la véritable essence de l’art réside avant tout dans la capacité de l’artiste à maîtriser et à sublimer ses émotions, tandis que le débat sur la finalité de l’œuvre demeure ouvert et continue d’alimenter la réflexion esthétique contemporaine. ACP/M. (SP)

