Kinshasa, 27 mars 2026 (ACP).- La problématique de la digitalisation du patrimoine culturel africain à l’ère de l’intelligence artificielle a été au centre d’une discussion à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans le cadre d’un projet explorant les liens entre art, science et technologie.
«La conférence ou la discussion d’aujourd’hui était sur la problématique de la digitalisation du patrimoine culturel africain à l’heure de l’intelligence artificielle. Et nous sommes partis du travail de deux artistes que nous accompagnons, nous, au niveau de l’Académie des Beaux-Arts, et aussi une autre structure, Kritika Artsprojects. Nous accompagnons tous les deux des artistes qui travaillent sur des questions du patrimoine en interagissant avec l’intelligence artificielle», a déclaré Bwiza Damascène, secrétaire général de l’Académie des beaux-arts Kinshasa en charge de recherche
«Et donc c’est une question, comme vous l’avez vu, de grands débats. D’abord le patrimoine qui retourne à la grande problématique de la restitution des œuvres culturelles africaines, et puis la problématique même de l’intelligence artificielle pour savoir tous les problèmes d’éthique, de légitimité dans l’appropriation des données. Et c’est autant d’éléments, autant de discussions à la une devant lesquels nous mettons nos étudiants pour qu’ils sachent ce qui se passe, pour qu’ils sachent ceux qui travaillent, comment ils se comportent et pour qu’ils puissent prendre aussi position justement en mûrissant les débats et les discussions», a-t-il ajouté
D’après lui, cette discussion est aussi une occasion de parler de toutes ces questions, mais aussi d’évaluer le chemin que, l’Académie des Beaux-Arts et Kritika Artsprojects fait ensemble en accompagnant des artistes qui travaillent sur la question.
L’intelligence artificielle considérée comme solution importante pour rapprocher les publics du patrimoine
Par ailleurs, Joseph Ibongo Gilungula, docteur en Histoire de l’Art et Archéologie, a, dans son allocution, considéré l’intelligence artificielle (I.A) comme solution importante pour rapprocher les publics du patrimoine.
«C’est donc pour vous dire que le numérique devient désormais notre compagnon. Il est devenu compagnon par le fait qu’il donne à voir une série de données parfois difficiles à digérer, difficiles à contextualiser, mais le patrimoine numérique, lui, est contextualisé. Le numérique joue un rôle essentiel dans la conservation, la médiation et la protection du patrimoine», a déclaré Joseph Ibongo Gilungula Docteur en Histoire de l’Art et Archéologie
«Le patrimoine numérique est constitué de matériaux fondés sur l’information, d’une valeur durable, qu’il est nécessaire de conserver pour les générations futures. Il émane de communautés, de régions, d’industries et de secteurs différents. Tous les matériaux numériques ne sont pas de valeur durable, mais ceux qui le sont exigent des méthodes actives de préservation si l’on veut que la continuité du patrimoine numérique soit assurée», a-t-il ajouté.
Selon Joseph Ibongo, professeur en Histoire de l’Art et Archéologie, a rappelé que, l’intelligence artificielle (I.A) n’est rien sans la connaissance de terrain, sinon elle ne fait qu’halluciner notre passé.
Il a aussi martelé sur le concept de patrimoine numérique, qu’il définit comme un ensemble de données ayant une valeur durable et nécessitant une conservation pour les générations futures.
Pour ce faire, le professeur Joseph Ibongo, encourage les initiatives de numérisation, d’inventaire et de création de jeunes artistique (comme la 3D), qui permettent une meilleure appropriation et diffusion du patrimoine culturel, tout en insistant sur le besoin de renforcer la documentation des objets souvent mal connus dans les musées.
«Donc nous vous encourageons ce travail qui se fait par des jeunes artistes pour l’appropriation du patrimoine et dans le traitement des images, surtout en 3D. (…)», a-t-il précisé.
Ces assises ont été organisé dans le cadre du projet S+T+ARTS Afropean Intelligence qui explorer les liens entre art, science et technologie, ainsi que l’impact de l’IA dans les contextes africains, l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et Krithika Artprojects, en collaboration avec Africa Museum.
Une exposition est prévue au mois de mai à l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa autour de deux artistes porté par ce projet l’un du Bénin et l’autre de la RDC. ACP/ODM

