Kinshasa, 27 mars 2026 (ACP).- La population de la République démocratique du Congo a été vivement encouragée à dénoncer les manifestations modernes de l’esclavage, notamment le travail forcé, l’asservissement domestique et autres formes d’exploitation, dans le but de promouvoir un développement équitable au sein de sa communauté, a appris vendredi l’ACP de source culturelle.
«Mes frères et sœurs congolais, si vous voyez des situations d’esclavage moderne, telles que l’exploitation, le travail forcé et la traite des êtres humains, qui violent la dignité humaine, je vous encourage à prendre position: Dénoncez en informant les autorités pour une intervention rapide et efficace», a déclaré la cinéaste Guetty Lembe.
Selon elle, l’esclavage moderne est un frein majeur au progrès et au bien-être de la société. C’est pourquoi les victimes et les témoins sont encouragés à prendre contact avec les organisations de la société civile, à appeler les numéros d’urgence tels que le 116 en RDC, et à alerter les médias locaux et internationaux pour amplifier les dénonciations et inciter les autorités à agir.
«Il est impératif, lorsqu’on dénonce des cas d’esclavage, de fournir des informations précises et vérifiables, tout en prenant les précautions nécessaires pour protéger l’anonymat des victimes», a souligné Mme Guetty, avant de conclure: «En effet, la prise de parole constitue un acte crucial dans la lutte contre ce fléau, permettant de protéger les droits des victimes et de contribuer à l’éradication de cette pratique odieuse».
Le message d’encouragement de la cinéaste fait suite à la proclamation, mercredi dernier, par l’Assemblée générale de l’ONU, de “la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains ”comme “les plus graves crimes contre l’humanité”, condamnant cette “injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité”.
La résolution, portée par le Ghana, a été adoptée par 123 voix pour, trois contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne). Les États-Unis ont justifié leur vote contre ce texte en arguant qu’on ne peut réparer des torts historiques « qui n’étaient pas illégaux à l’époque où ils ont eu lieu ». Les pays de l’UE et le Royaume-Uni, tout en reconnaissant la monstruosité de l’esclavage, se sont abstenus pour éviter de “mettre en concurrence des tragédies historiques qu’il n’y a pas lieu de comparer”.
En RDC, la loi n° 14/011 du 11 juin 2014 relative à la lutte contre la traite et l’esclavage des êtres humains condamne sévèrement ces pratiques, conformément aux engagements internationaux du pays. L’article 5 de cette loi prévoit des peines d’emprisonnement et des amendes pour les auteurs de ces crimes. ACP/ODM

