Kinshasa, 22 octobre 2025 (ACP).- La boisson katubi, connue dans les traditions Katangaises, au sud-est de la République démocratique du Congo, est toujours considérée comme un véritable patrimoine culturel en raison de son rôle dans la transmission intergénérationnelle et de sa forte valeur symbolique, a appris l’ACP mercredi d’un historien, lors d’un échange.
« Dans les villages paisibles du Katanga méridional, entre les plateaux fertiles de Kipushi, résonne encore le souvenir de longues soirées auteur du katubi. Le katubi n’est pas qu’une Bouillie, c’est un patrimoine. Chez les Lamba et les Bemba, cette boisson traditionnelle n’est pas seulement un breuvage ; c’est une institution culturelle, un lien entre les générations, une offrande aux ancêtres, et parfois, une question de respect », a déclaré Félix Kiluya, chercheur en histoire contemporaine.
« Le katubi est une bouillie fermentée à base de maïs ou de mil. Contrairement à la simple bouillie chaude (ubwali), le katubi est préparé pour être bu froid ou tiède. Il se consomme à la calebasse, parfois partagé à même le bol lors de grands moments communautaires. Sa texture est fluide, légèrement granuleuse, son goût aigre-doux trahit une légère fermentation, fruit d’une patience rituelle », a-t-il ajouté.
Ce passionné de l’histoire du Katanga a explicité la meilleure façon de préparer cette bouille, qui mérite une véritable attention.
« La préparation du katubi commence tôt, souvent au lever du jour. Les femmes, gardiennes du savoir culinaire, pilent le maïs, le tamisent, puis le laissent tremper. Après cuisson lente et refroidissement, la mixture est laissée à fermenter dans des jarres en argile, bien couvertes, parfois pendant deux jours. L’eau de préparation est sacrée : elle ne doit pas être souillée ni changée à la hâte », a indiqué Félix Kiluya, en évoquant l’importance et la place de cette bouillie dans la société katangaise, notamment chez les Lamba et les Bemba.
« Chez les Lamba et les Bemba, on ne sert pas le katubi à la légère. Il est la boisson d’honneur : offerte aux visiteurs de marque, servie aux anciens lors des veillées, ou partagée lors des rites de passage (mariage, initiation, funérailles). Lors des malilo (pleurs rituels), c’est souvent autour du katubi que les pleureuses reprennent souffle », a-t-il souligné.
L’historien a indiqué que « Les jeunes sont souvent initiés à la valeur du katubi dès l’enfance. On leur apprend à ne jamais refuser une calebasse tendue par un aîné. Dans certains clans, ne pas en consommer est vu comme un signe d’arrogance ou de rupture avec les ancêtres»
Appel à la consommation des boissons traditionnelles comme le katubi
En tant que défenseur d’éveil de conscience, Félix Kiluya a lancé un appel à la jeunesse de se méfier de l’alcool moderne, et de consommer des boissons traditionnelles comme le katubi.
« Je vous encourage à redécouvrir nos boissons traditionnelles comme le katubi, symbole d’identité, de partage et de respect. À vous, jeunesse d’aujourd’hui, méfiez-vous de l’alcool moderne qui détruit plus qu’il ne construit. L’abus de boissons alcoolisées conduit à la perte des repères, au déséquilibre social, aux violences et parfois à la mort », a-t-il lancé.
Félix Kiluya est passionné et défenseur de l’histoire contemporaine du Katanga. Son rôle n’est pas d’attiser les tensions, mais de réveiller les consciences. En plus, Son objectif est de réconcilier la jeunesse katangaise avec sa mémoire collective, en lui transmettant des récits authentiques, équilibrés et enracinés.
ACP/UKB

