Les enregistrements d’African-Jazz 1960, la plus grande collaboration phonographique congolaise d’après une analyse

Kinshasa, 11 juin 2026 (ACP).- Les enregistrements d’African-Jazz en 1960, réalisés à l’occasion de la Table Ronde de Bruxelles par les musiciens appelés les pères musicaux de l’indépendance de la République démocratique du Congo(RDC), ont constitué « la plus grande collaboration phonographique de tous les temps« , a estimé jeudi, un analyste musical dans un forum de discussion en ligne.  « La plus grande collaboration phonographique de tous les temps de la musique congolaise restera à jamais les enregistrements de l’African-Jazz, réconcilié pour la circonstance, au début de l’année 1960 à la faveur de la Table Ronde de Bruxelles », a déclaré Audifax Bemba. Selon lui, ces enregistrements ont donné naissance à un répertoire resté dans la mémoire collective : “Indépendance cha-cha” de Kallé, “Nawéli boboto”, “Sentiment émonani” de Vicky Longomba, “Merengue scoubidou”, “Table Ronde” de Dr Nico Kassanda, “Mawonso pamba”, “Tosékana” de Déchaud Muamba, “Sophie ya motéma” de Vicky. L’analyste a jugé que, cette orchestration restait acoustique, typique des années 50, avec une balance entre instruments sera toujours d’actualité. Il a relevé que « Dr Nico Kassanda offrait sur sa guitare acoustique amplifiée des sonorités proches de la guitare électrique pas encore introduite, tandis que Charles Mwamba Déchaud créait le son mi-composé ».  « Joseph Kabasele et Vicky Longomba livraient une harmonisation vocale qui trahirait leur passage par la chorale, notamment sur “Tosékana“et “Mawonso pamba” », a-t-il dit. L’expert a,  par ailleurs, considéré ces titres comme l’acte fondateur de la musique congolaise moderne, les présentant comme le deuxième étage de la fusée lancée en 1953 par Joseph Kabasele. Ces titres ont été enregistrés pour la première édition phonographique congolaise : le « Surboum African-Jazz » produit par Joseph Kabasele lui-même.  À l’époque, Belges et Grecs détenaient encore l’industrie du disque à Léopoldville. Soixante-six ans après, a estimé Audifax Bemba, ces chansons sont encore écoutées comme si elles venaient de paraître. Autour du même sujet, plusieurs autres débatteurs, dont Eddy Ngombe Mwéné, ont cité l’album “Wake Up“ de Koffi Olomide et Papa Wemba. D’autres ont évoqué “Lisanga ya ba Nganga“, fruit de la collaboration historique entre le Grand Maître Franco Luambo et le Seigneur Tabu Ley Rochereau. Ce débat a été lancé à la suite d’une sortie médiatique du chanteur Koffi Olomide, au cours duquel, l’artiste avait affirmé que sa collaboration avec feu Papa Wemba constituait la meilleure qui puisse exister dans la musique congolaise moderne.  Une position reprise par le romancier franco-congolais Alain Mabanckou pour alimenter les échanges et éclairer la lanterne des mélomanes. ACP/

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