Kinshasa, 12 août 2026 (ACP).- Un double hommage a été rendu au professeur Valentin-Yves Mudimbe, décédé le 21 avril 2025 aux Etats-Unis d’Amérique et à l’occasion de la célébration du 40ᵉ anniversaire de la Délégation Wallonie-Bruxelles, organisée vendredi en marge de la Grande rentrée littéraire de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« Un double hommage a été rendu d’une part au professeur Valentin-Yves Mudimbe, décédé le 21 avril 2025 aux Etats-Unis précisément en Caroline du Nord, et d’autre part, à l’occasion de la célébration du 40ᵉ anniversaire de la Délégation Wallonie-Bruxelles », a fait savoir Florent Baba, professeur à l’Université pédagogique nationale (UPN).
Les disciples de Mudimbe, réunis au sein d’un collectif dénommé « La Chorale des Mudimbistes », ont salué son immense contribution intellectuelle et littéraire, notamment à l’Université de Lubumbashi, ainsi que son apport dans la formation de nombreux chercheurs et écrivains.
La « Chorale des Mudimbistes » a également présenté un ouvrage collectif intitulé Les larmes de Mudimbe, conçu comme un témoignage de l’attachement et de la reconnaissance de ses anciens étudiants envers leur maître.
Selon Florent Baba, la création de la » Chorale des Mudimbistes » s’explique par la volonté de ses membres de perpétuer la pensée et l’œuvre de leur maître à travers des témoignages et des lectures de ses œuvres. Cette appellation symbolise la diversité des voix et des interprétations autour de l’écrivain, chacun apportant sa propre « tonalité », selon son expérience et sa lecture de Mudimbe.
Evoquant la pensée et l’œuvre du professeur, quelques membres de cette œuvre collective, notamment les professeurs Albert Tshiband et José Mambwini ont intervenu, présentant Mudimbe comme une profonde influence intellectuelle.
Pour le professeur émérite Albert Tshiband Pendi, ancien étudiant de Mudimbe à l’Université de Lubumbashi, l’illustre professeur a exercé une profonde influence intellectuelle sur ses étudiants, évoquant notamment son érudition, sa discipline, son enseignement exigeant ainsi que l’aura qui impressionnait profondément ceux qui suivaient ses cours.
« Au cours, Mudimbe ne dictait pas ses enseignements, mais développait ses idées en s’appuyant sur plusieurs ouvrages, en obligeant les étudiants à être particulièrement attentifs. Une autre anecdote illustre son immense culture : alors qu’un étudiant cherchait à comprendre la notion de « folie » chez Sénèque, Mudimbe élargit la réflexion autour de ce concept », a-t-il témoigné.
Face à cette manière complexe et érudite d’enseigner, un étudiant l’avait qualifié de « mystificateur », terme qui traduisait, selon le professeur Albert Tshiband Pendi, le sentiment d’une partie de la promotion confrontée à la complexité de ses développements.
Cette anecdote, dit Tshiband Pendi, révèle à la fois l’exigence intellectuelle de Valentin-Yves Mudimbe et l’impact considérable qu’il exerçait sur ses étudiants.
La cérémonie organisée avec l’appui du Centre Wallonie-Bruxelles dans le cadre de la Grande rentrée littéraire, a réuni notamment des personnalités du monde scientifique et littéraire de Kinshasa et de Brazzaville. ACP/Nd

