Kinshasa, 7 mai 2026 (ACP). – L’ouvrage ‘‘Entre la révision de la Constitution et l’inanition de la nation’’ du professeur Evariste Boshab, publié en 2013, a été décortiqué lors d’un forum en ligne suivi par l’ACP, dans son aspect d’interpellation sur le changement de la constitution en République démocratique du Congo.
« Cet ouvrage est un texte majeur dans la littérature constitutionnelle congolaise, car il a ouvert, dès sa parution, un débat intense sur la flexibilité des textes fondamentaux en Afrique et, plus spécifiquement, en RD », a déclaré Eva Joël membre influent de la plateforme Mokanda Eka.
Selon lui, une Constitution trop rigide risque de bloquer l’évolution du pays. La thèse principale est que, la révision constitutionnelle est nécessaire pour adapter les institutions aux réalités politiques, économiques et sociales.
Publié aux éditions Larcier, ce livre défend l’idée que la Constitution congolaise de 2006 ne doit pas être considérée comme immuable et critique ce l’acteur politique appelle le « fétichisme constitutionnel », notamment autour de l’article 220, estimant que cette sacralisation empêche toute réforme utile.
Il a, par ailleurs fait savoir que, Boshab a introduit aussi la notion ‘‘d’inanition de la nation’’, si la Constitution devient un obstacle à la gouvernance, elle peut affaiblir, voire mettre en danger l’État.
« La révision comme outil d’adaptation, le professeur Evariste soutient que la vie d’une nation est dynamique. Si les réalités politiques, sociales et économiques changent, le droit constitutionnel doit pouvoir évoluer pour accompagner ces mutations. Refuser toute révision, selon lui, c’est condamner l’État à l’immobilisme », a ajouté M. Joël.
« Le professeur Evariste Boshab dénonce une forme de sacralisation de certains articles (notamment l’article 220, qui verrouille certaines dispositions », a-t-précisé.
Eva Joel a indiqué que : « ce ‘‘dogmatisme’’ empêche les acteurs politiques de s’adapter aux besoins réels du pays et finit par affaiblir l’État au lieu de le protéger », tout en ajoutant que le débat sur la révision constitutionnelle est aujourd’hui relancé que le Professeur Boshab avait anticipé devenu actuel. ACP/C.L.

