Kinshasa, 27 avril 2026 (ACP).- Les enjeux économiques de la culture en Afrique ont été parmi les questions essentielles décryptée lors de l’édition 2026 du Marché des arts du spectacle africains (Masa) tenue à Abidjan en Côte d’Ivoire, a appris lundi l’ACP d’un participant congolais de retour à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
« En tant qu’acteur et entrepreneur culturel africain, j’ai eu l’honneur d’être officiellement invité à participer et représenter la République démocratique du Congo à la 14ème édition du Masa d’Abidjan, qui est l’un des plus importants rendez-vous des industries culturelles et créatives en Afrique. Au-delà des expositions et spectacles artistiques, nous avons évoqué et décrypté les enjeux et l’impact économique du secteur de la culture en Afrique qui sont palpables », a fait savoir Vincent Kunda, opérateur culturel.
« Ce marché a démontré concrètement que la culture, lorsqu’elle est structurée, devient un levier économique puissant. L’impact économique était palpable : hôtels complets, restauration dynamique et mobilité urbaine intensifiée», a-t-il ajouté.
L’entrepreneur a également soutenu la pertinence des échanges lors des tables rondes, axées notamment sur les politiques culturelles, les défis de financement ainsi que la problématique de la mobilité des artistes et des biens culturels en Afrique.
«La question de la mobilité reste aujourd’hui un frein majeur à la circulation des œuvres et au développement des marchés culturels», a-t-il fait savoir.
La culture perçue comme une mine d’or en Afrique
Selon le panéliste congolais, il est temps que la culture soit portée au plus haut niveau des politiques publiques et considérée comme une industrie stratégique, créatrice d’emplois, de valeur et d’influence. «L’évènement nous a rappelé surtout une évidence : l’Afrique est une mine d’or culturelle », a dit la source.
Toutefois, il a salué les facilitations d’accès accordées aux participants internationaux, plaidant pour une meilleure collaboration entre ministères et opérateurs culturels africains afin de renforcer la mobilité artistique sur le continent.
« Cette immersion synergique a permis de nouer de nouvelles collaborations et d’enrichir ses perspectives professionnelles dans notre secteur. Ce festival est un véritable carrefour des cultures, des marchés et des idées», a martelé Vincent Kunda.
L’expert congolais a également soutenu la place accordée à la jeunesse, notamment à travers des initiatives telles que la ‘‘Street Zone Art’’, estimant que cette orientation constitue un signal fort pour l’avenir du secteur.
«La culture ne se construit pas seulement avec les professionnels d’aujourd’hui, mais aussi avec les publics de demain», a-t-il insisté.
Sur le plan artistique, l’opérateur culturel a salué les performances des artistes dont les prestations ont marqué les scènes durant l’édition.
«J’ai été impressionné par le village dédié au Zouglou, où nous avons découvert la richesse expressive de ce genre musical, mêlant humour, critique sociale et résilience, tout en notant des influences proches de rythmes congolais tels que le Ndombolo », a-t-il conclu.
Tenue du 11 au 20 avril, l’édition 2026 a confirmé le positionnement du Masa comme une plateforme continentale et internationale majeure, marquée par une mobilisation exceptionnelle de plus de 500.000 spectateurs, plus de 300 spectacles, près de 2.000 artistes et des participants issus de plus de 100 pays.
ACP/C.L.

