Kinshasa, 21 août 2026 (ACP). – La chanteuse congolaise Mbilia Bel, figure emblématique de la Rumba en République démocratique du Congo(RDC), a commencé son après-carrière dont elle envisage de quitter définitivement dans moins de cinq ans, a appris l’ACP vendredi à Kinshasa d’une source culturelle.
« A l’âge de 67 ans, tout en souhaitant consacrer davantage de temps à la transmission de son expérience aux jeunes talents, Mbilia Bel, entend ainsi ouvrir une nouvelle étape de sa carrière, centrée notamment sur l’accompagnement, l’encadrement et la formation des jeunes artistes de son groupe », a indiqué Boniface Mpoyi, analyste culturel et coordonnateur de la plateforme Master digitale proxy.
Selon cet expert, cette orientation témoigne de sa volonté de ne pas simplement tourner la page de la scène, mais de contribuer à la préparation de la relève musicale congolaise. Son expérience de plusieurs décennies pourrait constituer un précieux outil de formation pour une nouvelle génération appelée à poursuivre l’œuvre des grandes figures de la musique congolaise.
« Mbilia Bel souhaite notamment partager avec les jeunes talents son expérience de la scène, les exigences du métier d’artiste ainsi que les enseignements accumulés au cours de son parcours musical », a-t-il ajouté.
Cette démarche place la transmission au cœur de son projet d’après-carrière.
Considérée comme l’une des grandes voix féminines de la musique congolaise, Mbilia Bel s’est imposée dans l’univers de la rumba notamment à travers son passage au sein d’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau, avant de poursuivre une carrière personnelle marquée par plusieurs succès et une forte présence sur les scènes africaines et internationales.
Son parcours s’inscrit dans une histoire musicale où la transmission entre générations demeure essentielle. De nombreux artistes expérimentés constituent en effet des dépositaires d’un savoir-faire artistique, scénique et professionnel qui risque de se perdre en l’absence de mécanismes permettant de le transmettre aux jeunes.
« Dans ce contexte, le choix de Mbilia Bel d’accompagner la nouvelle génération apparaît comme une contribution à la sauvegarde et à la continuité du patrimoine musical congolais », a affirmé Boniface Mpoyi.
À travers cette future reconversion progressive, dit-il, la « Cléopâtre » pourrait ainsi passer du rôle d’artiste de scène à celui de mentor, tout en continuant à participer à la vie musicale et culturelle de la République démocratique du Congo.
Son retrait annoncé de la scène ne devrait donc pas être perçu comme une rupture avec la musique, mais plutôt comme une nouvelle manière de servir cet art, en préparant ceux qui auront demain la responsabilité de porter plus loin l’héritage de la rumba congolaise. ACP/K/LZN

