Kinshasa, 23 février 2026 (ACP). Les chansons « Orgasy »de Fally Ipupa et « Sans te toucher »de JB Mpiana ont été analysées lors d’un cours à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour illustrer la portée philosophique de la musique populaire, selon une note technique parvenue lundi à l’ACP.
«Il s’agissait d’un chapitre consacré aux transcendantaux dans l’art, étudié en Licence à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, dans le cadre du cours de Philosophie de l’art. À la surprise des étudiants, le Maître Diki orienta la réflexion vers la rumba congolaise comme objet d’investigation philosophique. Pour illustration, il analysa le titre Orgasy de Fally Ipupa, démontrant la profondeur poétique d’une chanson populaire souvent écoutée sans véritable examen critique», a-t-on lu dans cette note.
«Pour ma part, j’ai choisi l’œuvre plus ancienne « Sans te toucher » de JB Mpiana afin de montrer que la rumba congolaise possède une puissance rhétorique comparable aux grandes traditions poétiques. Dans le passage « Dans mon frigo, ba kisi na provision ekomi ko se quereller », l’artiste construit une métaphore implicite : le frigo devient espace dramatique où les aliments se disputent, transformant le quotidien en scène théâtrale. Cette personnification traduit le désordre intérieur causé par l’amour et illustre une esthétique baroque propre à la rumba, marquée par l’amplification et la dramatisation», a indiqué Etoile-Patrick Nkusu un analyste culturel cité par la source.
Pour illustrer la force expressive de la rumba congolaise, JB Mpiana recourt à l’hyperbole, un procédé stylistique qui amplifie la réalité et dépasse les limites du quotidien.
« Lorsque JB Mpiana affirme que la quantité dépasse la provision elle-même, Cette introduction situe le lecteur dans la perspective de l’exagération consciente, annonçant que le passage qui suit explore le rôle de l’hyperbole dans la dramatisation et la puissance émotionnelle de la chanson.
C’est dans cette explosion que se manifeste le transcendantal du Beau — non pas un beau classique, harmonieux, mais un beau dramatique, vibrant, excessif», a révélé M. Nkusu ajoutant que : «Plus loin, les images deviennent quasi mystiques : »Motema na nga ekomi ko tambola na ba beki… comme un ange malade.. »
Le cœur sous perfusion, l’ange malade : ces figures introduisent une dimension spirituelle. La souffrance amoureuse est élevée au rang d’expérience quasi sacrée. Ici apparaît le transcendantal du Vrai : la vérité humaine de la vulnérabilité. La rumba devient un espace où la condition humaine est révélée sans filtre».
La mémoire collective sur le concert de 2004 à la Foire internationale de Kinshasa
Evoquant le concert emblématique de 2004 à la Foire internationale de Kinshasa, qui s’est tenu aux premières heures du matin, la source a rappelé que cette action musicale demeure gravée dans la mémoire populaire. Bien plus qu’un simple spectacle, cette rencontre sur scène entre JB Mpiana et Werra a offert au public une expérience collective intense, mêlant ferveur et communion artistique.
«Le concert emblématique de 2004 à la Foire internationale de Kinshasa, qui s’est déroulé aux premières heures du jour, demeure gravé dans la mémoire populaire. Bien plus qu’un simple événement musical, il a réuni JB Mpiana et Werra sur une même scène, offrant au public une expérience collective unique, entre ferveur et communion artistique. Des milliers de personnes, unies par une même mélodie à l’aube, incarnent ce que l’on pourrait appeler une esthétique de la communion. L’œuvre musicale franchit alors la frontière entre spectacle et transcendance», a noté la source.
Pour souligner l’importance culturelle et philosophique de la rumba congolaise, il a soutenu que cette musique dépasse le simple divertissement.
« La rumba n’est plus seulement musique, elle devient mémoire vivante… elle constitue un laboratoire poétique et existentiel, portant les transcendantaux du Beau et du Vrai. Analyser la rumba, c’est reconnaître que la philosophie peut émerger des lieux les plus populaires. C’est affirmer que la poésie ne se limite pas aux livres : elle chante, elle danse, elle rassemble», a conclu la source.
ACP/JF

