Kinshasa, 23 février 2026 (ACP). La chanson » Salima « , œuvre majeure du guitariste Mavatiku Visi au sein du mythique OK Jazz de Franco Luambo Makiadi, a marqué durablement le patrimoine musical de la République démocratique du Congo, selon un chroniqueur culturel dans une publication consultée lundi par l’ACP.
« À Kinshasa, le nom de “Salima” évoque bien plus qu’une simple mélodie. C’est un fragment de mémoire collective, immortalisé par le talent du guitariste Mavatiku Visi. Avec ses accords subtils et son phrasé limpide, il a su conférer à cette chanson une couleur singulière qui continue d’émouvoir les mélomanes congolais et d’ailleurs », a déclaré Tchèques Bukasa, chroniqueur culturel.
Selon lui, » Salima » dépasse le cadre d’un simple succès musical.
« Elle symbolise ces années où Kinshasa, capitale bouillonnante, voyait éclore de nouveaux chefs-d’œuvre. Pour toute une génération, écouter “Salima”, c’était savourer l’art de Mavatiku Visi tout en ressentant l’âme vibrante et nostalgique de la ville », a-t-il ajouté.
Évoquant la portée historique et musicale du titre, le chroniqueur a souligné que la chanson, composée à l’âge d’or de l’OK Jazz, illustre la pleine maturité de la rumba congolaise, nourrie d’influences afro-cubaines.
«Le morceau se distingue par une guitare limpide, véritable colonne vertébrale de l’œuvre, soutenue par les voix nuancées de Josky Kiambukuta, Pepe Ndombe et Wuta Mayi, qui relatent une histoire de passion et de douleur amoureuse. Le rythme chaloupé, enrichi par la touche personnelle de Mavatiku Visi, ainsi que les arrangements de cuivres, confèrent à l’ensemble une profondeur émotionnelle singulière.
Salima, un héritage toujours vivant», a-t-il dit
Dans un contexte de reconnaissance internationale accrue de la rumba congolaise, l’empreinte de « Salima » reste intacte.
« Aujourd’hui, alors que la rumba congolaise est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, “Salima” retrouve une nouvelle jeunesse. Des jeunes guitaristes de Kinshasa aux mélomanes de Paris ou Bruxelles, nombreux redécouvrent la finesse de Mavatiku Visi. Chaque note rappelle qu’au sein de l’OK Jazz, il a imposé une signature intemporelle », a-t-il souligné.
Souvent resté dans l’ombre des grandes figures de la musique congolaise, Mavatiku Visi demeure pourtant l’un des piliers de l’OK Jazz. Guitariste d’une finesse exceptionnelle, il était reconnu pour sa capacité à conjuguer rigueur harmonique et sensibilité mélodique, privilégiant une sobriété expressive qui conférait à ses interprétations une profondeur quasi méditative, a-t-il conclu. ACP/JF

