Kinshasa, 19 août 2025 (ACP).- La rumba, un genre musical apparu comme un butin enfoui dans le ventre du fleuve Congo, grâce à sa contribution dans le monde, vers la fin des années 1930, a été décortiquée mardi au cours d’une rencontre des membres du mouvement ‘‘Le Congo de demain’’ sur fond d’une préoccupation d’un romancier franco-congolais.
« Dans le cours que je dispenserai à la fac de Los Angeles le semestre prochain, je me propose d’enseigner la rumba à travers les croyances sur notre fleuve. J’ai toujours perçu cette musique comme une sorte de butin enfoui dans le ventre mystérieux de ce Fleuve Congo que nous ne connaissons en réalité pas très bien…», a déclaré Alain Mabanckou, romancier franco-congolais.
« En fait, je me suis toujours dit que la rumba congolaise appartient au Fleuve Congo — ce sont des chansons comme « Masuwa » de Pamelo des Bantous de la Capitale ou encore « Ebale ya Zaïre » (1976) de Simaro du TP OK Jazz, entre autres, qui m’avaient plus fait penser à ça », a-t-il poursuivi.
Masuwa, ce classique de feu le chanteur Bemba Yvon André alias Pamelo Mounka, qui a fait voyager les mélomanes de musique dans l’univers d’Orphée, avait été composé à Dolisie en 1967 quatre ans après qu’il ait intégré les Bantous de la capitale, un groupe musical de rumba congolaise de la République du Congo.
Dans “Ebale ya Zaïre ” (Actuel fleuve Congo), lequel inspire «Ngobila» de Koffi Olomide, Simon Lutumba Ndomanueno, appelé aussi le poète, a recouru à un procédé linguistique en utilisant une espèce de métonymie qui fait qu’il va s’intéresser plus au contenu qu’au contenant. Loin de nous de décrire le majestueux fleuve dans toute sa splendeur, l’auteur-compositeur est préoccupé par le bateau fort probablement de l’ex ONATRA qui, tout en naviguant sur les eaux de ce fleuve, emporte son amour. Il chante une femme qui fait un voyage à bord de ce bateau. Lutumba, impuissant, observe le bateau s’éloigner avec sa moitié. Il n’a que des larmes sur ses yeux devant cette scène macabre.
Auteur d’une dizaine de romans dont “Verre Cassé“ (2005) et “Mémoires de Porc-épic” (prix Renaudot 2006), Alain Mabanckou s’est toujours défini comme un passionné de la rumba congolaise. ACP/UKB

