Kinshasa, 19 août 2025 (ACP).– Wenge Musica BCBG 4×4 de la République démocratique du Congo, un ensemble musical créé en 1981 par les amis d’enfance disloqué en 1997, a été cité mardi comme faisant partie des orchestres légendaires de l’échiquier musical congolais, pour son leadership partagé, au cours d’un débat dans un groupe de réflexion à l’initiative des écrivains congolais.
« Wenge Musica, à la différence de bien d’autres orchestres, par son leadership partagé, n’appartenait pas à un individu ou à un leader pour reprendre notre langage habituel mais à un groupe, à une vision collective. En cela, il s’apparente à Zaiko Langa Langa, que je considère, pour ma part, comme le plus grand orchestre de la musique congolaise », a déclaré Hervey N’goma, un poète basé à Kinshasa.

« Wenge, disais-je, ne peut être comparé à des formations comme l’Empire Bakuba ou le Quartier Latin, qui étaient d’abord les prolongements d’une figure centrale, d’un individu charismatique. Ces deux groupes, aussi puissants soient-ils, restaient liés à un nom, à une personne. Wenge Musica, lui, transcendait les individualités », a-t-il ajouté.
D’après Hervey N’goma, les membres originaux de cet orchestre qui a connu un grand succès grâce à un savant mélange de la rumba, du soukous et du Ndombolo, avaient une vision commune, agissant comme le socle de l’action collective.
« Wenge Musica BCBG 4×4 Tout terrain et le Zaiko originel, font partie de deux orchestres les plus emblématiques de notre histoire musicale. Tous deux sont nés de la volonté des jeunes artistes inconnus, portés par une énergie nouvelle, un souffle collectif, et qui ont réussi à imposer leur nom, leur style, leur équipe, leur orchestre. Ils n’étaient pas les seuls, mais ils sont les seuls à se démarquer et surtout à demeurer… Zaiko Langa Langa avec le vieux Jossart N’yoka Longo et Wenge par ses différentes branches où appartiennent entre autres, Ferre Gola Le Padre, Héritier Wata, Fabrice Mbuyulu dit Fabregas, Robinio Mundibu et les autres », a-t-il laissé entendre.
Critique d’art originaire de la ville de Boma, au Congo central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, Hervey N’goma explore les thèmes de l’identité africaine, de l’universalité culturelle et de la réconciliation entre l’homme et son environnement.
Son recueil de poèmes « Afrique mon Afrique », paru en 2018 aux éditions de l’Erablière incarne cette vision, s’inscrit dans la lignée de la pensée de Léopold Sédar Senghor sur la « civilisation de l’universel ». ACP/UKB

