Musique : un hommage rendu à Ya Lengos, 28 ans après sa mort

Kinshasa, 26 mai 2026 (ACP).- Un hommage a été rendu lundi au défunt chanteur Claude Nsumbu Makola, alias Ya Lengos, figure de la Rumba congolaise et ancienne star de Zaïko Langa Langa de la République démocratique du Congo (RDC), 28 ans après sa disparition, selon une publication relayée sur Facebook et consultée mardi par l’ACP.

« Ya Lengos Lengi Lenga : un talent au destin brisé. 25 mai 1998 – 25 mai 2026 : 28 ans déjà ! Grand artiste auteur-compositeur, il fut l’une des grandes stars de Zaïko Langa Langa, la plus noble institution musicale de la RDC », a écrit l’analyste musical Jean-Claude Mombong.

Pour l’analyste, l’artiste incarnait un paradoxe : « Ya Lengos a fait danser Kinshasa avec la voix des anges, mais la vie l’a fait taire dans l’oubli. Les grands talents ne meurent pas, ils deviennent mémoire ».

Parlant de sa biographie, il a précisé que Ya Lengos est né le 16 août 1954 à Kinshasa et a grandi au Camp Cito, dans la commune de Kalamu, au sein d’une famille modeste de neuf enfants.  « C’est à la chorale de l’Orphée, à la paroisse Saint Paul de Barumbu, qu’il découvre le chant. À l’école, il côtoie Evoloko Laylay Antho et Jean Biolo », a-t-il révélé. Mass Mombong, évoquant aussi son entrée dans Zaïko Langa Langa en 1974, un tournant majeur de sa vie : « Repéré par DV Moanda et Manuaku Pépé Felly, il intègre le groupe. Timide au début, il s’impose vite comme la coqueluche du public ».

Revenant sur l’impact du chanteur, l’identité du groupe, il a ajouté : « Ya Lengos a bousculé le style bourgeois de Zaïko. Transgressif, il jouait au voyou du groupe, et le public adorait ça ».

Poursuivant, il a rappelé son génie artistique : « Compositeur prolifique, Ya Lengos signe des titres qui marquent les années 80 : Nadi, Macoco, Essesse, Muvaro, Kamango. Mais son départ pour Zaïko Familia Deï en 1988 précipite sa chute ».

Pris dans la dépendance, explique-t-il, l’artiste meurt le 25 mai 1998, presque dans l’indifférence. 

« Sa mort passera presque inaperçue, mais tous ceux qui l’ont connu pleurent un esprit bienveillant et généreux », a-t-il regretté.

« Aujourd’hui, le combat se poursuit pour sa mémoire. Ses enfants réclament sans succès les droits d’auteur de leur père. Ils sont déterminés à ne pas baisser les bras. La mémoire de Ya Lengos mérite justice », a conclu Jean-Claude Mass Mombong. ACP /

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