Peinture : « Bangolo Kahin Jazz Band », une célébration picturale de la mémoire musicale africaine

Kinshasa, 5 novembre (ACP).- Le tableau « Bangolo Kahin Jazz Band », du peintre Antoine Goho, s’est toujours imposé comme une représentation picturale de la mémoire musicale africaine, a indiqué  un critique d’art, lors d’une visite  guidée dans sa galerie à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Réalisé à l’acrylique sur toile, ce tableau de 91,44 cm sur 60,96 cm qui met en scène trois musiciens représentés de dos, avec deux tambours disposés latéralement et un saxophone au centre. Où la couleur, la matière et le mouvement traduisent la vitalité du jazz et sa dimension patrimoniale », a expliqué John Bongenya.

Selon lui, cette disposition traduit une volonté artistique de dépasser l’identité individuelle des personnages pour mettre en évidence leur appartenance à une expérience musicale collective.

« L’artiste ne se contente pas de représenter trois musiciens : il matérialise plastiquement une expérience sonore, transformant la peinture en une partition visuelle où la couleur, la matière et le mouvement deviennent les instruments d’une écriture picturale singulière », a indiqué le critique d’art.

Sur le plan chromatique, il a relevé une confrontation entre le bleu profond, le rouge incandescent, l’ocre et le jaune solaire, des tonalités qui construisent, selon lui, une dramaturgie émotionnelle entre intériorité, célébration, mémoire et vitalité.

Le soleil représenté dans la composition, ainsi que les oiseaux et les signes musicaux dispersés dans le ciel, dit-il, participent également à cette symbolique de liberté, d’envol et d’expression artistique.

John Bongenya a, par ailleurs souligné que le traitement de la matière, caractérisé par des empâtements, une certaine épaisseur picturale et une fragmentation gestuelle, confère à la toile une dimension tactile et renforce la présence monumentale des musiciens.

Les reflets sombres au sol contribuent, quant à eux, à créer une profondeur visuelle qui accentue la puissance des silhouettes.

Pour ce critique d’art, « Bangolo Kahin Jazz Band » constitue également une méditation sur la transmission culturelle, dans laquelle la musique apparaît comme un patrimoine vivant, porté par les corps, les instruments et la mémoire collective.

Concluant, il a fait savoir que, à travers cette composition, Antoine Goho fait de la couleur une vibration et de la matière un langage, invitant ainsi le spectateur à ne pas seulement regarder le jazz, mais à en ressentir visuellement la résonance.

Cette œuvre témoigne de la capacité des arts plastiques à traduire et à préserver les expressions culturelles africaines, en faisant dialoguer mémoire, identité et création contemporaine. ACP/Ka

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