Kinshasa, 9 janvier 2026 (ACP).- Les soldats congolais ayant combattu aux côtés des forces alliées lors de deux guerres mondiales, ont été célébrés vendredi lors d’un forum culturel organisé à Kinshasa, en République démocratique du Congo, comme des héros oubliés de l’Histoire, dont les sacrifices restent essentiels dans la mémoire collective.
« Durant la Première Guerre mondiale (1914-1918), 32 Congolais se sont engagés volontairement dans l’armée belge et ont combattu sur le front européen, notamment à l’Yser, en Belgique. En Afrique, la Force publique congolaise a affronté les troupes allemandes dans plusieurs colonies, remportant notamment des victoires au Ruanda-Urundi. Des milliers de soldats et porteurs congolais y ont laissé leur vie dans des conditions souvent extrêmes », a déclaré l’historien Boniface Malumba, coordonnateur du cercle culturel ‘‘Les portes de Sion’’ et initiateur du forum.
A en croire l’historien, pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le Congo belge a joué un rôle stratégique. Des troupes congolaises ont combattu en Éthiopie, en Afrique de l’Ouest et jusqu’au Moyen-Orient. Le territoire congolais servait également de base logistique pour les Alliés, en fournissant non seulement des hommes, mais aussi des matières premières cruciales.
« Malgré leur engagement, la reconnaissance est restée partielle et tardive. Le gouvernement belge a admis une ‘‘dette de guerre’’ envers ces combattants africains, mais les compensations ont été minimes. À la différence des anciens combattants français, ceux du Congo n’ont ni été invités aux défilés de la victoire ni dûment indemnisés », a-t-il fait savoir.
Selon lui, cet oubli motivé par la crainte de stimuler les aspirations indépendantistes dans les colonies était volontaire. Ce n’est qu’en 1970 qu’un monument a été érigé à Schaerbeek (Belgique) pour honorer ces soldats africains.
« Aujourd’hui, à travers des initiatives mémorielles et citoyennes, une reconnaissance plus juste est réclamée pour ces vaillants guerriers, véritables ‘‘héros de l’ombre’’ qui ont combattu pour une liberté qui, pourtant, ne leur fut accordée que bien plus tard », a conclu Boniface Malumba. ACP/C.L

