Rumba congolaise : une étude comparée tranche sur approches stylistiques de deux guitaristes

Kinshasa, 9 janvier 2026 (ACP).- Une étude comparative sur deux guitaristes solistes, Docteur Nico Kasanda de la République démocratique du Congo et Gérard Biyela de la République du Congo, a mis en lumière deux approches stylistiques majeures, marquant la rumba congolaise sur les deux rives du fleuve Congo, selon une analyste musicale interviewé vendredi par l’ACP.

« Réputé pour son style élégant et mélodique, Docteur Nico est considéré comme l’un des pionniers de la guitare soliste moderne. Son jeu, influencé par le jazz, le picking et la guitare classique, se distingue par une grande finesse harmonique. Il a su faire chanter la guitare avec une touche aérienne et une intelligence musicale qui ont marqué plusieurs générations », a expliqué le chercheur analyste Paul Muabilay.

« À l’opposé, Gérard Biyela Jerry, figure emblématique des Bantous de la Capitale Brazzavilloise, a développé un style plus percussif et enraciné. Sa guitare, très rythmique et expressive, a incarné l’âme populaire et communautaire de la rumba du Congo-Brazzaville. Son jeu nerveux, ancré dans la tradition, donne une vitalité particulière aux morceaux du groupe mythique qu’il a contribué à forger », a-t-il ajouté.

Selon cette étude, Nico est vu comme l’architecte harmonique de la rumba, tandis que Biyela Jerry en incarne la pulsation et la profondeur locale. Bien que moins médiatisé que son homologue kinois, Biyela demeure une référence incontournable pour les guitaristes brazzavillois et sous régionaux.

L’analyste a par ailleurs, conclu par une complémentarité entre les deux maîtres : « d’un côté, l’élégance académique et novatrice de Nico ; de l’autre, l’énergie enracinée et populaire de Biyela. Deux voix, deux styles, mais une même contribution à l’édification de l’école congolaise de guitare qui continue d’influencer le continent africain ».

Gerry a laissé une empreinte durable dans des classiques du répertoire des ‘‘Bantous’’, tels que ‘‘Mbanda tika tomeka’’ et ‘‘Elie Bolingo’’, et il demeure une référence tutélaire pour des guitaristes comme ‘‘Pépé Fely Manuaku’’ de Zaïko Langa Langa. ACP/C.L

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