Kinshasa, 14 août 2026 (ACP).- Cinq conseils à l’endroit des musiciens de la République démocratique du Congo (RDC) pratiquant l’instrumental ont été mis en avant dans une réflexion d’un formateur consultée vendredi par l’ACP sur une plateforme digitale consacrée à la recherche de la musicalité et de l’identité artistique.
« La progression d’un musicien ne se mesure pas seulement au nombre de techniques maîtrisées, mais aussi au respect de cinq conseils fondés sur la musicalité, l’écoute et l’identité artistique. Il s’agit d’avoir une capacité à s’exprimer avec justesse et à construire progressivement une identité artistique personnelle », a expliqué le formateur Kimpioka dans sa réflexion.
Il a indiqué que « la véritable maturité musicale commence lorsque la technique cesse d’être une fin en soi pour devenir un moyen au service de l’expression et de la personnalité de l’artiste ».
Selon sa réflexion, le premier conseil consiste à privilégier la justesse plutôt que la quantité de notes. La multiplication des notes ne suffit pas à donner de la profondeur à un discours musical, l’essentiel étant de savoir choisir celles qui servent réellement l’expression artistique.
Le deuxième conseil recommande aux musiciens de travailler leurs faiblesses tout en perfectionnant leurs acquis. La connaissance d’une multitude de concepts techniques reste limitée si elle ne permet pas de produire une musique cohérente et expressive.
La troisième recommandation porte sur l’importance de l’écoute. Un bon musicien ne doit pas seulement savoir jouer, mais également écouter ses partenaires, anticiper, laisser de l’espace et instaurer un véritable dialogue musical.
Le quatrième conseil invite à ne pas confondre difficulté technique et musicalité. Une phrase musicale simple, lorsqu’elle est exécutée avec intention et sensibilité, peut produire davantage d’émotion qu’une démonstration technique complexe.
Enfin, le cinquième conseil encourage chaque musicien à rechercher sa propre voix artistique, au-delà de la seule maîtrise technique. L’objectif ultime n’est pas uniquement d’être reconnu comme un bon instrumentiste, mais de parvenir à développer une signature musicale immédiatement identifiable.
Un guitariste peut connaître beaucoup d’accords, de gammes et de plans, mais manquer de personnalité musicale. Le même accord joué par deux guitaristes peut produire deux émotions différentes.
Dans la rumba congolaise, par exemple, cette dimension est fondamentale. Le guitariste doit savoir « faire chanter » la guitare. Le son, la répétition, le placement, les réponses aux autres instruments et la construction progressive de la phrase peuvent transmettre autant d’émotion qu’un chant.
La technique donne au guitariste les moyens de jouer ; le sens artistique lui apprend quoi jouer, quand le jouer et surtout pourquoi le jouer. ACP/K

