RDC: des  animations musicales modernes puisent   dans une tradition culturelle  ancienne (Chercheur)

Kinshasa, 28 août 2026 (ACP).- Les cris et les animations qui accompagnent la musique congolaise moderne,  loin d’être une invention récente, ont  puisé leurs origines dans des pratiques orales et culturelles anciennes, de la République démocratique du Congo (RDC), a expliqué vendredi à l’ACP un chercheur  en histoire contemporaine.  

« À analyser le premier cri jusqu’à la récente animation, il s’avère que tous les cris lancés par ces atalaku (animateurs) ne sont jamais leurs créations artistiques ou initiatives personnelles », a soutenu le chercheur  Franklin Mokho, estimant que ces expressions s’inscrivent dans une tradition culturelle beaucoup plus ancienne.

Dans cette réflexion consacrée aux origines ignorées des cris et animations dans l’évolution de la musique congolaise moderne, le chercheur a relevé que la création d’un nouveau cri ou d’une nouvelle animation est devenue presque quotidienne dans l’univers musical congolais, où ces expressions accompagnent généralement les chansons et les danses.

Selon lui, une opinion largement répandue attribue systématiquement aux «atalaku» la paternité de l’ensemble de ces cris et animations qui caractérisent la musique congolaise contemporaine.

Se référant à une lecture historique plus approfondie le chercheur a souligné que celle-ci permettrait  de nuancer cette perception.

Il a fait notamment référence aux travaux consacrés aux sociétés traditionnelles congolaises, citant l’ouvrage « Études Bakongo : sociologie, magie et religion », publié en 1930 par J. Van Wing, S.J., comme l’une des sources permettant d’appréhender l’ancienneté de certaines formes de cris et d’expressions collectives.

Dans cette perspective, les cris et les animations trouveraient  leur origine dans les vieux contes, les proverbes, les chants de bataille et les chants funèbres, avant d’être diversement interprétés et transmis au sein des clans, tribus et ethnies.

Cette transmission orale aurait entraîné, au fil des générations, des transformations, des adaptations et parfois des déformations individuelles, au point que l’origine exacte de certains cris demeure aujourd’hui difficile à établir.

Pour Mokho, cette réalité pose la nécessité d’une recherche historique et anthropologique approfondie sur les rapports entre les pratiques culturelles traditionnelles et les formes d’expression de la musique congolaise moderne.

Il estime ainsi que l’animation musicale ne devrait pas être étudiée uniquement à travers le rôle des « atalaku », mais également comme le prolongement de pratiques culturelles anciennes, réappropriées et adaptées par les générations successives d’artistes.

Cette approche contribuerait, selon lui, à mieux comprendre l’évolution de la musique congolaise et à préserver la mémoire culturelle liée aux expressions populaires qui l’accompagnent.

Le chercheur appelle, en définitive, à poursuivre les recherches sur les origines, les significations et les transformations de ces cris afin de mieux établir leur filiation historique et de rendre à la tradition orale congolaise la place qui lui revient dans la construction de l’identité musicale contemporaine.

ACP/K

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