Kinshasa, 27 août (ACP).- Des collections vestimentaires inspirées du patrimoine culturel ‘‘Kuba’’ et Mangbetu’’ ont été mises en lumière à travers une exposition de mode dénommée ‘‘Architecture du corps, boîte crânienne’’, organisée du 24 au 26 août au Musée national de la République démocratique du Congo (RDC), à Kinshasa, a constaté mardi l’ACP.
« Il ne s’agit pas seulement de contempler la beauté du vêtement mais aussi et surtout de partager une expérience après mes recherches portées sur le patrimoine mangbetu et sur l’univers graphique Kuba. Cette exposition invite les publics à lire, à observer et à se faire une idée sur la forme, le volume, la proportion ainsi que les lignes de collection créée à partir de connaissance de son patrimoine vivant, d’un héritage capable de dialoguer avec son époque », a déclaré Lydie Okosa, créatrice congolaise de mode et initiatrice de l’expo.
« Le vêtement que nous exposons n’est que la partie visible d’un processus plus profond. C’est cette partie de la mode que j’ai voulu rendre visible », a-t-elle indiqué.Amoureuse du contraste, la créatrice est loin de garder l’esprit conformiste dans ses confections de mode.
Ainsi, a-t-elle justifié son choix de s’inspirer de la graphique Kuba et de la déformation du crâne des Mangbetu comme un idéal de beauté.
« J’adore la diversité culturelle. Parlant de Mangbetu, j’avoue que l’inspiration m’est venue du courage de ce peuple à recourir à la déformation crânienne. Particulièrement, d’une image de la forme de la tête et du visage de femme », a expliqué Mme Okosa.
« Boîte crânienne rend hommage à l’audace de la dissemblance ainsi qu’au pouvoir transgénérationnel et inspirationnel de la culture inscrit dans une esthétique alliant tradition et modernité », a-t-elle ajouté.
Une création pour valoriser l’héritage culturelSur le plan créatif, cette audace culturel est adaptée avec du textile et propose un code esthétique basé sur l’exagération des volumes au niveau des articulations du corps et des parties en saillie telles que les coudes, les genoux et les mollets tout en imposant longueurs et largeurs aux cols suivant le concept qui sous-tend l’idée générale de la collection.
Pour la conceptrice de mode, la déformation du crâne est une action irréversible. Elle réacquiert de l’audace, de l’estime de soi et surtout du courage de s’affirmer et de s’imposer socialement. « Constituée des pièces basées sur le tailoring évolutif, Boîte crânienne s’adresse aux femmes tant esthètes que audacieuses, friandes de la démarcation, du savoir-faire et des vêtements narratifs », a conclu Lydie Okosa.
Plusieurs personnalités du monde culturel et académique ont rehaussé de leur présence à la soirée inaugurale de l’exposition ‘‘architecture du corps’’ le 24 août au musée de Kinshasa.
« Cette créativité combinée entre authenticité et la tradition confirme que la mode moderne devient un moyen puissant de renforcer l’estime de soi et d’ajuster l’image corporelle à l’architecture du corps », a soutenu le professeur ordinaire et historien de l’art Joseph Ibongo, secrétaire général académique à l’Académie des beaux-arts à Kinshasa.
Après l’étape de Kinshasa, renseigne son initiatrice, cette exposition va se poursuivre en France où les mêmes collections seront présentées en mars 2027 au département du Val-de-Marne.
ACP/JD

