RDC : la mémoire des victimes du génocide exige justice et réparation (Un avocat)

Kinshasa, 29 août 2026 (ACP).- La réparation et les décisions judiciaires de la mémoire des victimes du génocide, ont été relevées par un avocat, estimant qu’une mémoire non réparée, n’en est pas une,  lors d’une conférence tenue vendredi au site Mémorial du Genocost, à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

‎ ‎« Ceux qui sont partis n’ont pas besoin de pitié. Ils ont besoin de réparation. Ils ont besoin de la mémoire. Une mémoire non réparée n’est pas une mémoire, c’est une absence de mémoire », a déclaré Maître Pépin Guillaume Manjolo. , ancien ministre d’État chargé de la Coopération internationale, de l’Intégration régionale et de la Francophonie.

‎L’avocat a ainsi insisté sur la nécessité de dépasser la simple commémoration pour établir les responsabilités et réparer les préjudices subis.

‎Selon lui, cette réparation doit notamment passer par la justice, à travers la mise en place d’un tribunal capable de statuer sur les massacres commis en RDC,  citant à titre de référence, les mécanismes judiciaires mis en place après la Seconde guerre mondiale, notamment les procès de Nuremberg.

‎« Nous n’avons pas à ce jour construit notre récit national. Nous avons appris à oublier par manque de conscience nationale et par manque de mémoire historique vivante », a-t-il ajouté, estimant que l’art constitue à travers les œuvres de l’artiste Benga-Mfumu, un moyen de raviver cette mémoire douloureuse et de transmettre aux générations futures les enseignements de l’histoire.

‎‎Il a également développé la notion de « centralité congolaise », qu’il a reliée à l’importance stratégique des ressources naturelles de la RDC, notamment le caoutchouc, l’uranium, le cobalt, le coltan et les terres rares.

« Cette richesse a constitué, à différentes périodes, un facteur de convoitises et de violences ayant affecté les populations congolaises », a-t-il souligné.

‎Poursuivant, il a insisté sur la vigilance de ces ressources naturelles : « La conscience doit être en alerte permanente. Cette abondance doit être un réveil. Nous devons nous tenir aux aguets », appelant les Congolais, particulièrement les jeunes, à prendre conscience de leur histoire et de la valeur de leurs ressources afin de contribuer à la construction d’un récit national fondé sur la mémoire, l’honneur et la réparation.‎

‎Cette conférence inaugurale s’est tenue dans le cadre d’une cérémonie organisée autour d’une exposition axée sur : « L’art comme forme de transmission de la mémoire du génocide-Cost ».

Ancien ministre d’État chargé de la Coopération internationale, de l’Intégration régionale et de la Francophonie, Maître Pépin Guillaume Manjolo est également avocat et écrivain. ACP/Os/LZN

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